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Investir dans la virtualisation du poste de travail

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La virtualisation du poste de travail est un des derniers maillons du cloud computing. Elle implique le développement de terminaux puissants appelés les «clients légers» destinés à remplacer les ordinateurs traditionnels. Si cette révolution de l'infrastructure du système d'information exige un coût d'acquisition important, elle débouche, à terme, sur des économies significatives.

Selon l'étude mondiale menée, en avril 2011, par le spécialiste de la sécurité informatique Symantec, sur la virtualisation et l'adoption du cloud, 33 % des entreprises ont migré vers cette technologie, la VDI (Virtual Desktop Infrastructure). Cette dernière consiste à déplacer l'ensemble ou une partie des informations des terminaux (applications, système d'exploitation, serveurs, etc.) vers un datacenter privé ou public. Cette opération permet à la direction des services informatiques de centraliser l'ensemble de la gestion des postes de travail. Elle offre un accès à distance, via un raccourci URL, à l'ensemble des informations initialement abritées sur un PC. L'ordinateur peut donc être remplacé par un nouveau terminal appelé «client léger». Sous la forme d'un petit boîtier, il ne contient aucun espace de stockage, mais un simple logiciel de navigation internet permettant d'être relié au poste de travail, hébergé sur le datacenter. «Suite à la validation de l'infrastructure VDI VMware en 2008, nous avons choisi de déployer des clients légers à la place des PC classiques», explique Julien Mousqueton, architecte SI au sein de la direction des systèmes d'information et de la logistique du groupe Agrica. «Nous avons opté pour la solution Wyse, car ces terminaux répondent à nos critères: système d'exploitation léger et configuration simple», précise-t-il. Une journée de tests a suffi à la DSI pour être convaincue par le produit, et 80 clients légers ont été mis en place.

La VDI et le déploiement de clients légers sont-ils économiquement plus avantageux qu'une gestion de postes de travail classiques? A court terme, non. «Le coût global d'une virtualisation de poste de travail et la mise en place de terminaux légers sont en général 10 % plus élevés que la gestion d'un parc informatique traditionnel», observe Hubert Tournier, vice-président de l'association française de l'audit et du conseil en informatique (Afai). Un avis que partage Julien Mousqueton (Agrica): « Le coût global d'acquisition d'un poste de travail virtuel est 150 % plus cher que celui d'un poste physique ». Et pour cause, seuls trois fournisseurs détiennent la totalité du marché de la VDI (EMC, Citrix et VMware), et pratiquent des prix peu compétitifs. « Les clients légers ont, quant à eux, eu un faible impact sur le coût total de possession », précise Julien Mousqueton.

Un coût d'acquisition initiale élevé, mais rentable à terme

Le coût d'exploitation d'une VDI et des clients légers est considérablement plus faible que celui de terminaux matériels traditionnels. « La VDI favorise une maintenance rapide et centralisée des postes de travail, alors que bon nombre de dépannages de postes de travail physiques nécessitent le déplacement d'un technicien», explique Hubert Tournier. La virtualisation du poste de travail assurerait donc des avantages considérables à long terme. Autre atout, les applications rendues virtuelles sont mutualisées et utilisées par plusieurs collaborateurs, même en simultané. « Plus besoin de déployer un logiciel sur chaque poste. Par ailleurs, aucune donnée n'est conservée sur le poste de travail physique, ce qui limite les fuites d'informations en cas de vol, de perte ou de panne de matériel», explique Julien Mousqueton. D'autre part, l'extension de postes de travail virtuels facilite la mise en place du plan de continuité d'activité des postes de travail, que les établissements financiers comme les banques et les assurances sont tenus d'assurer depuis l'entrée en vigueur des accords de Bâle II en 2008. « La virtualisation des postes de travail a permis d'intégrer l'environnement technique utilisateur au plan de reprise d'activité du groupe grâce à l'absence de postes de travail physiques », explique l'architecte infrastructure du groupe d'assurance Agrica. Il est donc préférable d'analyser soigneusement en amont la nécessité de mettre en oeuvre, ou pas, un processus de virtualisation de postes de travail et donc de clients légers. Quels sont alors les critères qui motivent une telle opération? « La taille de l'équipe SI et la multiplicité des sites de l'entreprise peuvent requérir, à juste titre, une VDI et l'mplémentation de terminaux légers», explique Hubert Tournier. Autrement dit: plus le groupe est géographiquement éclaté et le nombre de responsables informatiques réduit, plus il devient urgent de centraliser la gestion des postes de travail. Dernières précautions à prendre: les conditions contractuelles. « Il faut bien maîtriser en amont les aspects économiques d'une VDI externalisée: réclamer un catalogue de prix complets auprès des prestataires, convenir avec eux des modalités de révision du coût des prestations ou encore verrouiller les conditions de sortie au terme de l'accord, continue le vice-président de l'Afai. Ces précautions nécessitent une bonne maîtrise contractuelle au sein de la DSI, mais s'inscrivent dans une logique concrète d'investissement terme. »

Terminal Wyse classe C.

Terminal Wyse classe C.

Hubert Tournier, Afai

« Le coût global d'une virtualisation de poste de travail et la mise en place de terminaux légers sont 10 % plus élevés que la gestion d'un parc informatique traditionnel. »

Jean-Yves Pierre, Dexia

Jean-Yves Pierre, Dexia

Témoignage: «Nous déployons des clients légers HP

Chez Dexia Crédit Local, l'équipe du responsable infrastructure, Jean-Yves Pierre, a d'abord réalisé une première phase de virtualisation des postes de travail en plus de l'infrastructure Citrix déjà en place. L'équipe IT au service des clients internes de la banque a effectué une augmentation de clients légers auprès des collaborateurs concernés. «Le déploiement du nouveau parc a débuté en juin 201 1 sur l'ensemble des sites du groupe répartis en France », explique Jean-Yves Pierre. Définition du besoin par le prescripteur? « Nous souhaitions équiper tous les collaborateurs du même matériel », réplique-t-il. A la suite d'un appel d'offres, le service achats du groupe retient l'offre de clients légers du constructeur HP. « Les achats ont fait bénéficier Dexia d'un prix très compétitif du fait de leur force de négociation et du volume de commande à satisfaire à l'échelle du groupe », ajoute-t-il. En tout, ce sont 900 postes de travail répartis sur toute la France qui seront remplacés par des clients légers. « Compte tenu de la robustesse du matériel, nous envisageons de porter la durée d'utilisation de ces clients légers à au moins cinq ans », termine le responsable infrastructure. La dernière phase d'implémentation concerne 550 postes au siège de Dexia, à La Défense, dont l'échéance est prévue pour novembre 2011.


Dexia Crédit Local
ACTIVITE
Banque
CHIFFRE D'AFFAIRES 2010
19,2 milliards
EFFECTIF
35 200 collaborateurs
VOLUME D ACHATS
NC

Mot clés : travail |

Sihem Fekih