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ISO 26000, la norme qui va changer vos pratiques d'achats

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Publiée le 1er novembre 2010, la nouvelle norme internationale ISO 26000 définit un référentiel en matière de responsabilités sociale et environnementale des entreprises. Elle devrait dépoussiérer les relations acheteurs-fournisseurs.

Ne pas traiter les impacts environnementaux au détriment des impacts sociaux, telle est la philosophie de l'ISO 26000. Que dit la norme? Elle guide les organisations dans l'élaboration de bonnes pratiques en matière de responsabilité sociétale et s'articule autour de sept questions: gouvernance, Droits de l'homme, relations et conditions de travail, environnement, loyauté des pratiques, questions relatives aux consommateurs et contribution au développement local. La démarche est volontaire. Chaque société choisit ainsi ses domaines d'action en fonction de l'impact de ses activités et de ses décisions. Mais aussi de sa contribution au développement durable et des attentes de toutes les parties prenantes. Son but ultime étant d'entreprendre une démarche qui affirme sa responsabilité sociétale.

Thomas Colombié, Manutan

«Notre objectif n'est pas de sanctionner mais de définir des axes de progrès.»

@ FOTOLIA/KRABATA

Davantage de loyauté

Quelles conséquences pour les achats? Première incidence, « la norme fixe le principe de loyauté des pratiques entre les donneurs d'ordre et leurs fournisseurs, indique Thierry Geoffroy, chargé de mission à la direction générale de l'Afnor Certification. Cela conduit donc à lutter contre l'opacité. » Elle propose trois axes d'amélioration: prendre la mesure des conséquences des achats (en tenant compte des incidences pour tous les fournisseurs, principaux et secondaires), jouer la transparence (en rédigeant des appels plus clairs et des règles du jeu précises) et enfin renforcer le dialogue entre les parties prenantes. Les directions des achats sont donc fortement impliquées quant à leurs procédures d'achat au niveau des critères de sélection. Par exemple, Manutan, spécialiste VAD de la fourniture industrielle, s'inspire de la norme ISO 26000 pour mettre au point ses grilles d'évaluation de fournisseurs. « Notre objectif n'est pas de sanctionner mais bien de définir, grâce à ces évaluations, des axes de progrès » indique Thomas Colombié, chef de marché achats responsables chez Manutan. Dès 2008, le distributeur s'est lancé dans une stratégie de développement durable en revisitant son off re «produits» ; aujourd'hui il va plus loin. « L'un ne peut pas aller sans l'autre, confie Toms Colombié. Il apparaît incohérent d'acheter des produits dits verts à une entreprise qui ne ferait pas d'efforts pour améliorer sa responsabilité sociétale. » Reste que la norme internationale n'est pas certifiable. Du coup, pas question de trouver des fournisseurs certifiés ISO 26000. Mais, cela ne vous empêche pas de demander à vos fournisseurs s'ils mènent une réflexion sur le sujet ou d'insérer cette mention dans le contrat commercial en exigeant que le fournisseur s'engage vers une charte de responsabilité sociétale. « Dans ce cas, ce qui n'est qu'une démarche volontaire entre dans le champ du droit et peut, si l'engagement n'est pas respecté, faire tomber le contrat commercial », explique Marie-Pierre Maître, avocate associée au sein du cabinet Huglo Lepage & associés, spécialiste de l'environnement.

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VERONIQUE MEOT