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Hervé Garabédian, Directeur du Pôle Finance de Marianne Experts: « Les frais bancaires varient de 1 à 20! »

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Peu d'entreprises et a fortiori de directions achats s'intéressent à l'optimisation des frais facturés par les établissements financiers. Pourtant, des économies sont facilement réalisables, comme l'explique Hervé Garabédian, directeur du pôle finance du cabinet de conseil Marianne Experts.

Vous avez créé un observatoire des conditions bancaires en France. Dans quelles proportions les frais facturés par les banques varient-ils d'une entreprise à l'autre?

A périmètre équivalent, c'est-à-dire pour des entreprises d'un même secteur d'activité ayant un volume d'opérations identique et appartenant à une même zone géographique, les frais facturés par les banques peuvent varier de 1 à 20! Ainsi, certaines entreprises sont plus vigilantes que d'autres, comparent et renégocient régulièrement les conditions proposées par les établissements financiers. Mais c'est loin d'être la majorité. Or, il faut savoir que les banques utilisent ces frais comme une variable d'ajustement et que leurs coûts ne sont pas toujours justifiés par rapport aux services rendus.

Pour éviter de payer le prix fort, les entreprises ont donc tout intérêt à négocier ces frais bancaires. Sur quels leviers est-il possible de jouer?

Une entreprise peut utiliser trois leviers. Le premier porte sur l'aspect technique. Selon le type d'opération et de flux, les banques facturent un service dont le coût peut énormément varier d'un établissement à un autre. Par exemple, pour un ordre de virement, nous avons déjà constaté, à périmètre équivalent, des coûts jusqu'à 30 fois supérieurs entre deux banques. Ces différences s'avèrent bien souvent injustifiées. Le deuxième levier est d'ordre juridique. Les conditions prévues dans les contrats ne sont pas toujours bien respectées. Certaines pratiques peuvent même apparaître hors-la-loi, et les entreprises ne devraient pas avoir à supporter des frais dans ces conditions. Enfin, le troisième est d'ordre purement commercial et s'apparente à un sourcing classique entre plusieurs établissements financiers. Dans les différentes missions que nous avons pu mener, l'action de ces divers leviers a permis à nos clients de récupérer plusieurs dizaines de milliers d'euros, voire des centaines pour des grandes entreprises.

La hausse des frais bancaires n'est-elle pas justifiée aujourd'hui par la mise en oeuvre du projet Sepa (Single Euro Payments Area), dont le but est d'uniformiser, d'ici la fin de l'année, le traitement des flux bancaires dans la zone euro?

Effectivement, la mise en oeuvre du projet Sepa coûte très cher aux banques, qui ont dû mettre à jour leurs plateformes technologiques. Logiquement, ces dernières ont tendance à répercuter le coût de ces changements sur leurs clients, et donc à augmenter le prix de tel ou tel service. Cela dit, toutes ces hausses ne sont pas justifiées et les différences d'un établissement demeurent très marquées. Là encore, il appartient aux entreprises de se montrer vigilantes. Il y a beaucoup d'économies à la clé.

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Marianne Experts en quelques mots

D'abord spécialisé dans l'optimisation des charges sociales, Marianne Experts est aujourd'hui un cabinet de conseil comportant cinq pôles d'expertises: social, finance, fiscalité, énergie/environnement et frais généraux. Le pôle finance, dirigé par Hervé Garabédian, est spécialisé dans la réduction des frais bancaires et, à ce titre, a créé un observatoire français des conditions bancaires, baptisé Tresaudit, qui permet de comparer la situation de plus de 1 500 sociétés françaises.

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Sébastien De Boisfeury