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Grippe A et pénurie de masques: un cas d'école pour les achats

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Dans un contexte de crise, les acheteurs se doivent d'être en première ligne pour sécuriser les approvisionnements. Les entreprises qui n'avaient pas anticipé le risque de pandémie liée à la grippe A L'ont appris à leurs dépens.

Dans les achats, tout est question d'anticipation. Et sur ce point, la grippe A est venue rappeler aux organisations les moins matures les risques encourus lorsque les approvisionnements ne sont pas sécurisés. La Fédération nationale des transporteurs routiers (FNTR) en a fait la mère expérience. Cette organisation souhaitait mettre à la disposition de ses adhérents des outils de protection individuelle. Après avoir commandé 250 000 masques au début de l'été, les délais de livraison sont passés de 4 semaines en juillet à 16 semaines en août. Soit des masques livrés au mieux pour Noël, bien après le pic de pandémie annoncé depuis des mois! En cause: des fabricants et des distributeurs en rupture de stocks, avec une capacité de production ne permettant pas d'honorer de nouvelles commandes dans les délais impartis. De plus, le prix des masques a fambé, d'une quarantaine de centimes d'euros au printemps à plus du double dès l'été. Bref, un problème de taille pour les entreprises qui n'auraient pas anticipé le phénomène.

@ FOTOLIA/MARILOOK/LD

Les PME plus touchées que les autres

Dans certaines grandes entreprises (RATP, La Poste, Groupe Caisse d'Epargne, etc.), des cellules de crise ont été mises en place dès le printemps, non seulement pour s'équiper de masques mais aussi pour anticiper les conséquences d'une pandémie grippale sur les prestations de nettoyage, d'accueil, de sécurité, etc. Selon une étude réalisée par SVP Enquête réalisée auprès de 2 547 dirigeants d'entreprise, toutes tailles confondues, début septembre 2009. , 60% des entreprises et 74% des collectivités avaient ainsi acheté, début septembre, des masques de protection. Pour les autres, l'achat du précieux matériel s'est révélé quasiment impossible, une situation dont s'était émue la CGP- ME. «Les dirigeants sont dans l'incapacité de se procurer des masques, en raison de la faiblesse des stocks actuellement disponibles. Il s'avère en effet que les pouvoirs publics ont eux-mêmes asséché le marché en préemptant pour leur propre usage une grande part des produits fabriqués», précisait la confédération. Moralité chère aux acheteurs dans cette affaire: mieux valait prévenir que guérir.