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Gardez vos véhicules à l'abri des vols

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Vols de véhicules, de carburant, de matériel ou de marchandises transportées... Vos flottes auto peuvent attiser les convoitises. Il faut alors faire évoluer ses installations en intégrant les garanties souhaitées. Moyens préventifs et actifs viendront compléter efficacement les moyens humains et organisationnels. Revue de détail.

@ LJUPCO SMOKOVSKI - FOTOLIA

Aucune entreprise n'est à l'abri des vols et il en va de même de sa flotte automobile. Du véhicule à sa cargaison en passant par le carburant, tout ou presque est susceptible d'être volé. Et aujourd'hui, avec la flambée du prix du baril de pétrole, le carburant est plus que jamais dans la ligne de mire des voleurs. Les camions et engins de chantier étant des cibles de choix. Difficile de les protéger... « Les voleurs n'hésitent plus à utiliser des véhicules béliers pour passer au travers des clôtures, et ce même pour de petits larcins », constate Jean-Loup Perinel, directeur d'Epsilon Consultants, cabinet conseil spécialisé dans la sécurité et la sûreté des personnes, des biens et de l'information. Bref, garer vos véhicules dans une cour fermée n'est pas suffisant pour mettre complètement à l'abri vos différents véhicules. « Il ne faut pas se surprotéger non plus, commente Jean-Loup Perinel. Vous pouvez aussi choisir de vous protéger a minima et de transférer votre responsabilité sur un tiers, comme votre compagnie d'assurances. Le risque c'est que vous ayez à régler une prime élevée, voire dissuasive, si votre assureur juge que la propension aux risques est importante. Le tout est de trouver le bon équilibre. » Proportionnelles aux risques, les installations doivent donc évoluer avec les garanties souhaitées et dans la durée. Un système de sécurité «sans faille» doit comporter au moins un moyen de prévention passif pour dissuader et retarder l'entrée des cambrioleurs, un moyen actif pour avertir de leur intrusion et donner l'alerte et, enfin, des moyens humains et organisationnels pour réagir. « Si l'un de ces trois éléments fait défaut, votre sécurité n'est pas assurée. Mettre un système de vidéosurveillance décourage les voleurs, mais encore faut-il qu'il y ait en permanence une personne qui ait un oeil dessus pour agir le cas échéant », prend en exemple Jean-Loup Perinel.

Des clôtures répulsives...

Sans pour autant se barricader, installer une clôture grillagée permet de limiter les allées et venues des rôdeurs, et leurs repérages depuis votre parking. Elle peut même servir à décourager les voleurs les moins aguerris, notamment si vos voisins en sont dépourvus. L'investissement reste abordable, entre 100 et 150 euros HT par mètre linéaire pour une clôture standard. Plus efficaces encore, les clôtures électriques répulsives sont à privilégier, si le périmètre à couvrir est important, les prix étant fortement dégressifs. Comptez entre 150 et 400 euros HT par mètre linéaire. « Les clôtures électriques répulsives ont une double utilité: elles avertissent d'une tentative d'effraction et envoient une décharge électrique, précise l'expert. Elles sont encore peu utilisées par les sociétés qui pensent, à tort, que ce type d'installation n'est pas autorisé. » Autre possibilité, faire installer des câbles de détection de choc qui, dès lors qu'un individu cisaille ou escalade ladite clôture, émettent un signal. « Si votre clôture donne directement sur la voie publique, vous risquez d'enregistrer un trop grand nombre de fausses alertes avec ce dispositif, met en garde Jean-Loup Perinel. Dans ce cas, préférez une barrière à hyperfréquence ou à infrarouge qui effectue une détection sans contact. » Une entreprise qui veut se prémunir efficacement contre les vols de véhicules sur site aura également intérêt à empêcher ou du moins à ralentir les sorties non autorisées. « Sur les sites les plus sensibles, outre la mise en place de clôtures, il peut être judicieux de poser des longrines de béton en pied de clôture. On peut aussi prévoir d'installer des herses ou des bornes télescopiques qui, en cas de passage forcé, peuvent avoir pour effet de crever les pneus du véhicule ou de l'immobiliser », énumère Jean-Loup Perinel. En complément, et si vous n'avez pas la possibilité ou l'intérêt économique d'avoir un gardiennage permanent, se raccorder à un système de télésurveillance peut être envisagé, d'autant que son coût est relativement faible. Pour une centaine d'euros par mois, des sociétés vous assurent une surveillance à distance en continu. A ce prix, elles ne se déplacent pas au moindre mouvement suspect mais avertissent par téléphone l'un des responsables de l'entreprise concerné. Outre le fait que vous devez être joignable à tout moment, au risque d'allonger d'autant le délai d'intervention, rien ne garantit qu'il ne s'agit pas d'une fausse alerte. On peut alors préférer la vidéosurveillance qui, grâce au contrôle par l'image, permet de se déplacer à bon escient. « Vous pouvez aussi demander au prestataire de réaliser des rondes régulières à des heures que vous jugez critiques, à la tombée de la nuit par exemple, conseille notre expert. Voire si vos besoins le justifient, installer des systèmes d'analyses d'images qui donnent automatiquement l'alerte. » Relativement récente, cette dernière solution reste onéreuse, entre 3 000 et 4 000 euros HT par caméra.

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Déclarez votre vidéosurveillance

Avant d'installer une vidéosurveillance, vous devez consulter les instances représentatives du personnel et déposer une déclaration à la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) pour chaque site équipé. Attention, un système qui n'aurait pas fait l'objet d'une déclaration à la Cnil ne peut être opposé aux employés. Surtout, le non-accomplissement des formalités est passible de cinq ans d'emprisonnement et de 300 000 euros d'amende. Employés comme visiteurs doivent être informés de l'existence d'un pareil dispositif au moyen d'un panneau affiché de façon visible dans les locaux sous vidéosurveillance. Doivent y figurer le nom de son responsable et la procédure à suivre pour demander l'accès aux enregistrements visuels les concernant.
A défaut d'information, l'entreprise encourt une sanction de 1 500 euros par infraction, 3 000 euros en cas de récidive. Des dispositions similaires sont prévues pour les entreprises qui géolocalisent leurs véhicules.

... à la géolocalisation

Il n'est pas inutile d'équiper vos véhicules de systèmes antivol comme une alarme, ou une canne bloquant le volant ou la boîte de vitesses. En dotant vos véhicules d'un système de géolocalisation, il sera possible de le situer géographiquement à l'aide d'un terminal, localisé grâce à un système de positionnement par satellites ou à d'autres techniques. Une fois fixé derrière le tableau de bord, ce boîtier peut être paramétré par l'entreprise, notamment à certaines heures de la journée pour préserver la vie privée de ses collaborateurs. Côté tarif, la location unitaire de ce type d'appareil coûte, généralement, entre 15 et 25 euros HT par mois. Si la géolocalisation peut s'avérer utile, elle demande néanmoins de prendre quelques précautions et donc de bien communiquer sur le sujet: « Il convient d'associer le responsable du personnel au projet », rappelle l'expert. Vous devrez également consulter les instances représentatives du personnel et informer individuellement chaque conducteur. Vous ne pourrez faire l'impasse sur la déclaration à la Cnil (lire l'encadré ci-contre). Vous devrez mentionner l'identité des collaborateurs qui sont susceptibles de conduire les véhicules équipés par ce dispositif et la finalité de la mise en place de ce dispositif (sûreté ou sécurité de l'employé lui-même ou des marchandises ou véhicules dont il a la charge). D'autres finalités peuvent être déclarées comme le suivi du temps de travail, lorsqu'il ne peut être réalisé par d'autres moyens. Mais attention, vous devrez donner la possibilité à vos collaborateurs de désactiver la fonction de géolocalisation des véhicules à l'issue de leur temps de travail, lorsque ces véhicules peuvent être utilisés à des fins privées...