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GDF - Suez, le choc des cultures achats

Publié le par

Sébastien de Boisfleury, rédacteur en chef

Sébastien de Boisfleury, rédacteur en chef

La fusion annoncée entre Gaz de France et Suez a suscité une levée de boucliers de la part des organisations syndicales et des associations de consommateurs. Les uns dénoncent la privatisation inévitable de GDF. Les autres craignent une hausse du prix du gaz. Si les fusions-acquisitions sont monnaie courante dans la vie des affaires, elles ne laissent personne indifférent, à commencer par les acheteurs. D'un strict point de vue stratégique, leurs effets sont plutôt positifs sur les achats: globalisation des volumes, rationalisation du panel fournisseurs, professionnalisation des acheteurs, etc. Une récente étude du cabinet Boston Consulting Groug, intitulée «Le meilleur des mondes des F&A», est d'ailleurs revenue sur les synergies plutôt bénéfiques en termes de coûts qu'engendrent les fusions-acquisitions. Mais d'un point de vue humain et organisationnel, les conséquences sont parfois plus difficiles à appréhender.

Les fusions-acquisitions ne posent - globalement - pas ou peu de problèmes. Le Crédit Agricole, qui disposait d'une maturité achats supérieure à celle du Crédit Lyonnais, pourrait l'illustrer. L'expérience des acheteurs du Crédit Agricole bénéficie désormais à tout le groupe. Dans le cadre de la fusion entre Gaz de France et Suez, la mise en place d'une nouvelle organisation achats se révélera peut-être plus compliquée, mais fort intéressante. Les deux entreprises possèdent en effet des cultures achats très différentes. Chez GDF, une direction achats nationale chapeaute des antennes achats régionales aux pouvoirs plus ou moins étendus. De son côté, Suez s'est dotée d'une «direction de la réduction des coûts et des achats», au siège social de l'entreprise. Cette démarche de professionnalisation s'est traduite, au printemps dernier, par le déploiement d'un logiciel d'e-sourcing couvrant la gestion des appels d'offres et des contrats, mais aussi la mesure et le pilotage de la performance achats. Bref, un investissement important qu'il sera, sans doute, difficile de remettre en cause. Quel que soit le modèle d'organisation choisi, la présence d'un directeur achats au sein du comité de direction sera un bel indicateur de l'importance donnée aux achats du nouveau groupe.