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Freiner sur la prime d'assurance

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Les primes d'assurance repartent à la hausse. L'occasion de se pencher sur ce chapitre pour les gestionnaires de flottes automobiles. L'objectif: obtenir de substantielles baisses de coûts.

En période de crise, les entreprises sont nombreuses à chercher à faire des économies. Plus que jamais pour tenter de réduire l'envolée des frais, il s'agit de mettre sous surveillance les postes de coût inflationnistes. Le chapitre prime d'assurance permet souvent d'engranger des gains substantiels. Ces primes ont connu de récentes hausses après des années de baisse alors que l'on constate une réduction du nombre de sinistres. Explication avancée par les assureurs: les frais de remises en état des véhicules explosent ainsi que les indemnités versées aux blessés. Ces augmentations les poussent donc à relever leurs provisions pour les accidents graves et à analyser plus finement les risques encourus par les entreprises, avant de leur accorder un contrat. Les postes assurance et sinistres représentent souvent jusqu'à 35 % d'un TCO, alors que les sinistres pèsent à hauteur de 58 % dans la balance assurances. Ces derniers imposent, en effet, tout un suivi administratif et peuvent causer une éventuelle perte d'exploitation. Prise séparément, l'assurance représente encore 15 % du total des coûts de détention d'une voiture. Il ne reste guère que le poste carburant qui soit plus important. Il y a donc de gros enjeux. Alors, comment s'y prendre?

Des techniques pour contourner les taxes

Jean-Pierre Juillard, directeur du département flottes automobile chez Marsh, rappelle que l'assurance automobile est un risque fort taxé. «Le taux de prélèvement atteint 34,2 % pour la partie responsabilité civile et 18 % pour le dommage des véhicules particuliers, affirme le courtier. Nous proposons des solutions financières permettant aux flottes importantes de contourner légalement ces taxes. Il en est de l'intérêt des clients. » Plus globalement, les budgets sont de plus en plus serrés en matière d'assurance. «Des gains sont récupérés par les clients sur le coût des réparations automobiles», indique-t-il. Pour maîtriser ce poste, Marsh dispose d'un réseau de plus de 3 000 garages agréés signataires de la charte et pratiquant des tarifs préférentiels. «Nous avons obtenu une réduction de près de 15 % du montant des factures de réparations», se félicite Jean-Pierre Juillard. La mise en place de la vidéo expertise, qui évite au spécialiste de se rendre sur site, constitue par ailleurs un autre levier pour réduire les factures. « Une expertise avec déplacement revient en moyenne à un peu plus d'une centaine euros. La vidéo permet une réduction du prix de 40 %. Ce système entraîne aussi une réduction de la durée d'immobilisation des véhicules. Immobilisations qui pénalisent l'activité des entreprises», rappelle-t-il.

Faire jouer la concurrence

Une autre façon d'influer sur son montant d'assurance consiste à renégocier régulièrement son contrat. Une fréquence de trois ans paraît raisonnable. Pour sa part, François Piot, directeur marketing d'Arval, préconise même un rythme annuel. « Une phase de discussion doit précéder tout éventuel changement d'assureur. Car on ne peut pas remplacer sa société d'assurance tous les quatre matins», rappelle-t-il. En cas de rapport «sinistres à prime» inférieur à 70 %, il est urgent de ne rien faire. Dans le cas contraire, une renégociation peut déboucher sur une baisse du montant de sa prime. Quoi qu'il en soit, il est de plus en plus difficile d'obtenir des réductions conséquentes par ce biais car les marges sont faibles.

La conduite éco-sécurité à la rescousse

Le volet prévention permet d'obtenir de significatives remises de coûts. Avec une assurance flotte, la prime est globalisée. Du coup, il n'est pas toujours nécessaire de travailler sur l'ensemble de celle-ci mais juste de définir les conducteurs «à risque». «Il y a celui qui boit un peu trop, celui qui ne prépare pas son trajet, celui qui va trop vite, celui qui est stressé ou encore celui qui part en retard», résume le responsable Arval. Pour ramener les imprudents dans le droit chemin, la formation à la conduite éco-sécurité constitue souvent la solution. «Au départ, je n'y croyais guère », se souvient Olivier Rigoni, fondateur et gérant de Cogecar. Mais face aux résultats, ce spécialiste de la LLD se range parmi ses ardents partisans. « Un plan de prévention éco-sécurité en entreprise permet de réduire de 10 à 15 % les sinistres», rappelle ce dernier. Ce que confirme François Piot: «Depuis quatre ans, nous testons la conduite éco-sécurité sur notre flotte. Nous avons constaté une sinistralité en chute de 30 % et une diminution équivalente des frais de réparation.» Devant ce bilan, l'assureur revoit à la baisse la prime d'assurance de la flotte. Autre avantage, une conduite plus fluide et plus sûre entraîne aussi une baisse des consommations. « L'éco-conduite s'autofinance! La baisse des sinistres et de la prime d'assurance et la réduction des consommations gomment rapidement le coût de la formation », analyse le directeur marketing d'Arval. Avant de conclure: «C'est un investissement vertueux. » Si les leviers occasionnant des baisses des primes d'assurance ne manquent pas, encore faut-il... les actionner!

Témoignage Emmanuelle d'Orazio, Menarini: «La fréquence des sinistres chute de 36 %»

«La prise de conscience date du jour où notre assureur a remis en cause notre partenariat. Nous avions un taux de sinistralité très élevé. Frédéric Martino, le Monsieur prévention d'Arval, notre loueur et courtier, m'a dit: «Il faut former vos employés»», raconte Emmanuelle d'Orazio, responsable flotte des laboratoires Menarini.
Le premier travail a été de responsabiliser les conducteurs, pour qu'ils considèrent leur voiture de fonction comme leur propre véhicule. Par la suite, et à chaque sinistre, ils ont rempli un questionnaire anonyme établissant les circonstances humaines et matérielles de l'accident. Tout ce qu'un constat amiable ne mentionne pas. Un résumé de ces informations était ensuite joint aux fiches de paie de chacun.
En parallèle, une prime qualité est mise en place. Les conducteurs respectueux, qui suivent l'entretien de leur voiture, évitent les contraventions et dont les frais de remise en état lors de la restitution restent modérés, sont financièrement récompensés.
Cette politique démarrée en 2008 porte rapidement ses fruits. «Notre assureur accepte alors de ne pas majorer notre prime. Et la fréquence des sinistres chute de 36%. Depuis cette date, primes et franchises n'ont plus augmenté. Un beau résultat, même si j'espérais une petite baisse. Mais plus encore, j'ai senti une prise de conscience collective du risque routier. Une prise de conscience qui n'a pas de prix», développe Emmanuelle d'Orazio.

Laboratoires Menarini

ACTIVITE
Laboratoire pharmaceutique


CHIFFRE D'AFFAIRES 2011
NC


EFFECTIF FRANCE
600 salariés


EFFECTIF MONDE
13 000 salariés


EFFECTIF ACHATS
NC


VOLUME ACHATS
NC


FLOTTE AUTO
590 véhicules, majorité de VP.
Parc diesel sauf hybride essence Skoda Fabia, Octavia, Renault Scénic, une berline Premium et Lexus CT 200 hybride


LOUEURS
Arval, ALD Automotive et Athlon Car Lease

Mot clés : Véhicule |

Nicolas Dembreville