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Faut-il opter pour des cartouches compatibles?

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Dans le domaine de l'impression, les cartouches représentent un coût important. Certaines entreprises peuvent être tentées d'utiliser des produits compatibles pour réduire leurs dépenses. Voici tout ce qu'il faut savoir sur cette famille d'achats pour faire le meilleur choix.

«Le marché des cartouches est très concurrentiel, annonce d'emblée Laurent Besnard, associé au sein du cabinet CLB Conseils, spécialiste des dépenses de bureautique. C'est un secteur de renouvellement où chaque acteur cherche à gagner des parts de marché sur cel les de ses concurrents.» L'affrontement est particuliè rement fort entre les fabri cants de systèmes d'impres sion (HP, Epson, Brother, Lexmark, Xerox, Canon, etc.) et les fabricants de cartou ches compatibles avec les imprimantes des construc teurs, appelées également «génériques». En 2006, selon GfK, la part des cartouches compatibles pour les impri mantes à jet d'encre auprès des circuits professionnels était de 8%, en recul par rapport à 2005 (-1,1%). Même tendance dans le domaine des imprimantes Laser: la part des cartouches compatibles a été de 6,3% en 2006, contre 7,5% en 2005.

En France, deux principaux fabri cants se partagent le marché des compa tibles: Armor et Pelikan. Parallèlement, cer tains distributeurs de fournitures de bureau vendent des compatibles sous leur nom. «Mais ils sous-traitent la fabrication et changent parfois de fournisseur sans que le client final ne le sache, témoigne Hicham Abbad, responsable de l'activité conseil au sein du cabinet K-Buy. La traçabilitén'étant pas maîtrisée, il y a un risque d'avoir des cartouches de niveau inégal en termes d'uniformité et de qualité.» Le principal argument en faveur des cartouches compa tibles est leur coût. «Elles sont 10à 50%moins onéreuses que celles des fabricants, reprend Hicham Abbad. Mais elles continuent d'avoir mauvaise presse.»

Après avoir examiné les bénéfices de chaque catégorie de consommables, de nombreuses entreprises s'orientent vers des solutions mixtes.

Après avoir examiné les bénéfices de chaque catégorie de consommables, de nombreuses entreprises s'orientent vers des solutions mixtes.

A savoir

En décembre 2006, les fabricants d'imprimantes ont approuvé de nouvelles normes pour la détermination du rendement des cartouches d'impression. Pour les jet d'encre, il s'agit de la norme ISO/IEC 24711 . Pour les cartouches laser couleur, il s'agit de la norme ISO/IEC 19798. Elles s'ajoutent à la norme ISO/IEC 19752 pour les cartouches monochromes. Les fabricants utilisant désormais la même méthode pour mesurer le rendement des cartouches, les acheteurs peuvent objectivement comparer les offres d'une marque à l'autre.

Lutter contre certaines idées reçues

 

Ainsi, la qualité des cartouches compati bles est souvent remise en cause. «Or, depuis l'an 2000,il y a eu une nette amélioration de la qualité et des performances», affirme Hicham Abbad. De grandes disparités persistent tout de même. Alors que certains prestataires ne gardent que la coque, effectuent un nettoyage et chan gent toutes les pièces sensibles (tambours, raclettes, etc.), d'autres se contentent de remplir à nouveau une cartouche. A titre d'exemple, le fabricant d'imprimantes Tally- Genicom, qui propose aussi des cartou ches compatibles avec les autres marques, s'engage à ne réutiliser qu'une fois une coque originale. D'une manière générale, pour éviter les mauvaises surprises, mieux vaut opter pour des compatibles qui res pectent les mêmes normes ISO que les cartouches des fabricants d'imprimante (lire notre encadré ci-contre).

Contrairement à une autre idée reçue, un fabricant de systèmes d'impression ne peut refuser de réparer une machine pourtant garantie sous prétexte que l'entreprise n'utilise pas les consommables de la mar que. «En cas de problème, il lui revient de démontrer que la cartouche compatible est la cause de la panne», signale Hicham Abbad. Par précaution, il est préférable de choisir un fabricant de génériques qui offre un contrat de maintenance (déplacement d'un technicien, main-d'oeuvre, etc.). Cette option est particulièrement intéressante pour des machines qui ont plusieurs années d'existence. «Elles ne bénéficient plus de la garantie constructeur mais peuvent être maintenues en activité», souligne Alain Vilcoq, consultant au sein du cabinet de conseil Factea Sourcing. De même, il est recommandé de privilégier les prestataires qui offrent une garantie sur les compatibles. Enfin, certains systèmes d'impression refu seraient les cartouches compatibles. En réalité, ces dernières ne comprennent pas de puce électronique, à la différence des consommables de marque. «Un message d'erreur va alors apparaître lorsqu'une cartouche compatible sera installée, explique Hicham Abbad. Cela ne signifie pas pour autant qu'on ne peut pas l'utiliser, mais l'effet est dissuasif.»

Reste que plusieurs arguments jouent en faveur des cartouches de marque. «Elles ne sont utilisées qu'une seule fois», indi que Nicolas Aubert, responsable de l'acti vité consommables au sein de HP France. Il y a donc moins de risques d'encrassement des composants de la machine. Autre élément, la qualité des impressions. «Les cartouches sont conçues et développées en même temps que l'imprimante, si bien que leur utilisation conjointe permet un résultat fiable et optimal», souligne Nicolas Aubert. Les cartouches construc teurs répondent également à des normes ISO qui assurent un certain rendement. Pour Alain Vilcoq (Factea Sourcing), il ne faut pas oublier que «les cartouches de marque sont sous garantie et donc remplacées en cas de défaut». Enfin, dernier point, qui est loin d'être accessoire, les cartouches des fabricants sont disponibles dès le lancement d'une imprimante, alors qu'il faut souvent attendre plusieurs mois, voire plusieurs années, avant que ne soit développé un produit compatible de qua lité identique. «Le délai moyen pour élaborer un générique est d'environ 18mois», reconnaît Patrick Borello, directeur commercial de TallyGenicom France.

Après avoir examiné les bénéfices de cha que catégorie de consommables, de nom breuses entreprises s'orientent aujourd'hui vers des solutions mixtes. «Certaines sociétés ne déploient des compatibles que sur des imprimantes de plusieurs années», note Alain Vilcoq. D'autres adap tent leur choix en fonction de l'utilisation de l'imprimante. «Pour des services de comptabilité, finances, bureautique standard, l'achat de compatibles est retenu. En revanche, pour des impressions très sensibles, par exemple dans des services marketing ou des agences de pub, l'usage des cartouches des fabricants est systématique», conclut Hicham Abbad.

MARC FOUVEAUT, coordinateur achats au sein de la direction des services généraux, groupe Hachette Livre

MARC FOUVEAUT, coordinateur achats au sein de la direction des services généraux, groupe Hachette Livre

Témoignage

«Nous utilisons 15 à 20% de cartouches compatibles»


En décembre 2006,Marc Fouveaut a lancé un appel d'offres auprès de différents fournisseurs de cartouches d'impression compatibles, pour tout le groupe Lagardère en tant qu'acheteur pilote. «Nous avons consulte six distributeurs et nous en avons référencé un seul,explique-t-il.Pour choisir notre fournisseur, la transparence sur les prix était notre critère prépondérant. Cela nous a conduits à écarter ceux qui ne souhaitaient pas communiquer le détail de leurs coûts»Marc Fouveaut avait plusieurs exigences. «Nous cherchions un fabricant de compatibles renommé, qui réponde à plusieurs normes de qualité, précise-t-il.Pour faire notre choix, nous avons réalisé des tests en interne sur les références les plus utilisées. Nous avons ainsi contrôlé le nombre de copies et la qualité des impressions. Enfin, nous avons choisi un fabricant qui s'engagerait à prendre en charge tous les frais de réparation d'une imprimante si on s'apercevait que le dysfonctionnement était lié à l'utilisation de sa cartouche. »Après validation du groupe achats de Lagardère,le marché a été attribué en avril 2007.«Nous utilisons actuellement 15 à 20% de cartouches compatibles. Sur certaines références, les prix peuvent être inférieurs de 40 à 70% à ceux des fabricants.» Pour l'instant, l'utilisation des génériques est limitée aux imprimantes Laser monochrome ayant plusieurs années d'existence.

Mot clés :

Anne Le Mouëllic