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Faire de la politique papier un outil de RSE

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La mise en place d'une politique papier auprès de vos collaborateurs est souvent gage d'économies. Des achats au recyclage en passant par le changement des habitudes de vos salariés, petit guide pratique d'une politique papier «durable» et respectueuse de l'environnement.

@ OLIVIER LE MOAL

«Le papier est emblématique. C'est un moyen de s'orienter vers une politique plus globale d'économies d'énergie et donc de développement durable», précise Valéry Hergott, directeur de Riposte Verte, association pour un environnement tertiaire responsable. Instaurer une politique papier dans une entreprise est souvent porteur d'économies et de gains visibles en termes de développement durable. « Une évidence quand on sait que le papier représente 60 à 80 % des déchets de l'entreprise», fait-il remarquer. Utiliser moins de papier et mieux consommer peuvent être les objectifs des sociétés qui se lancent dans l'aventure. C'est le pari fait par Riposte Verte qui propose des diagnostics sur l'utilisation du papier, au niveau du siège social d'une société et de ses autres locaux. Une évaluation qui comporte quatre volets: la consommation, les achats, le recyclage et la gouvernance. L'étude préalable permet de connaître le positionnement de l'entreprise sur le papier, la quantité consommée et le type de papier utilisé et de mettre en avant son évolution sur les cinq dernières années.

Il s'agit également de connaître la politique achats de l'entreprise en termes de papier: est-ce du papier recyclé, labellisé ou classique? Quelles sont les quantités de papier utilisé? Et qu'en est-il des déchets de papier? A savoir, l'entreprise a-t-elle mis en place une politique de recyclage? «Nous prêtons une attention toute particulière au papier support de communication pour l'entreprise. Savoir s'il est labellisé Imprim'Vert, à quelle distance se situe l'imprimerie, les caractéristiques de l'encre... Autant d'interrogations que nous soulevons», développe Valéry Hergott (Riposte Verte). Suite à ce diagnostic, des préconisations sont proposées avec la mise en place de critères définis sur une politique achats du papier, sob recyclage et sa consommation. Des actes simples comme la réutilisation des feuilles imprimées pour le brouillon ou le paramétrage des multifonctions pour des impressions recto/verso permettent de limiter le gaspillage.

Valéry Hergott, Riposte Verte

«Le papier représente 60 à 80 % des déchets de l'entreprise.»

Papier recyclé ou labellisé?

Aujourd'hui, le papier recyclé a fait des progrès. De nombreux fabricants surfent sur la tendance comme Clairefontaine avec sa gamme Forever, 100 % papier recyclé, certifiée Apur ou encore Metsä Board avec son papier Save labellisé FSC. De nombreux labels existent comme Ange Bleu (allemand), Nordic swan (scandinave), Ecolabel, le label écologique européen, PEFC ou encore FSC. Cependant, il est préférable de choisir du papier 100 % recyclé plutôt que du papier qui respecte simplement les critères PEFC ou FSC, ceux-ci se limitant à la provenance du bois (issu de forêts durables) sans s'attacher à la production du papier lui-même. «Les acheteurs ont tendance à consommer moins mais mieux. Les entreprises achètent davantage de papier recyclé. Il y a encore quelques années, ce type de papier était 20 % plus cher que du papier classique. Aujourd'hui, l'écart de prix s'est réduit et n'excède pas les 10 % », résume Michel Milcent, directeur général France d'Office Dépôt.

Mettre en place une politique papier passe aussi par un changement des habitudes des salariés. L'association 100 % Recyclé, 100 % Engagé propose aux sociétés un pack comprenant une exposition itinérante de sensibilisation, une animation d'information et d'échanges «Cafés Papier» et la réalisation d'un diagnostic papier. « Ces temps de réflexion sont également l'occasion d' identifier des problèmes d'utilisation au quotidien des équipements jusqu'alors inconnus de nos services», met en évidence Roger Labadi, responsable des services généraux chez Efidis, bailleur social en Ile-de-France, dont l'objectif est de réduire de 30 % sa consommation de papier.

Le recyclage doit être ludique

Des entreprises comme Veolia Propreté, Trio, Paprec ou Elise offrent des services de tri et de recyclage du papier. Certaines entreprises proposent même de racheter le papier.

Paprec met ainsi à la disposition des entreprises de Paris, et de la petite couronne (Hauts-de-Seine, Seine Saint-Denis, Val-de-Marne), son kit de recyclage comprenant la livraison, la collecte et le recyclage de 20 cartons pour 160 euros HT.

De son côté, Elise accompagne les entreprises dans la gestion de leurs déchets. Cette société de collecte équipe les collaborateurs de corbeilles de tri et met à disposition des conteneurs de stockage, des caissons confidentiels et autres collecteurs de tri sélectif. «Nous adaptons les fréquences d'enlèvement des déchets à la taille des entreprises et au nombre de collaborateurs. Cela varie de plusieurs enlèvements par semaine à un tous les trois mois», détaille Bruno Meura, fondateur et président d'Elise. Une fois les déchets collectés, ils sont «surtriés» et acheminés vers les centres de recyclage. Les entreprises qui ont adhéré à ce service bénéficient d'un suivi de leurs déchets papier et peuvent obtenir un certificat de recyclage pour leur rapport annuel de développement durable. Par ailleurs, la société Elise travaille avec des entreprises du secteur protégé: des établissements et services d'aide par le travail (Esat) et entreprises adaptées (EA).

Rendre le recyclage ludique, tel est le dernier pari relevé par Elise avec sa corbeille relookée par Philippe Starck, fruit de deux ans de travail. «Le tri et le recyclage peuvent et doivent être associés au plaisir. Il fallait donner envie de regarder les corbeilles, de les disposer dans un bureau, de les utiliser et donc de penser à trier», explique le designer. Dernièrement, l'entreprise a équipé la société Chloe International à Paris de sa nouvelle corbeille ElisebyS+arck pour trier et recycler ses papiers, canettes et bouteilles en plastique. De l'achat de papier à un changement d'habitudes de consommation de la part des collaborateurs, la mise en place d'une politique papier est un gage de succès immédiat et visible pour une entreprise engagée dans une démarche développement durable. «Nous ne militons pas pour le «zéro papier» mais pour une utilisation raisonnée et raisonnable de celui-ci, souligne le directeur associé de Riposte Verte. Tout dématérialiser n'est pas une solution. Le revers de la médaille de cette stratégie est le coût énergétique important des postes informatiques nécessaires à cette dématérialisation. »

Stéphane Carpier, Gecina

Stéphane Carpier, Gecina

Témoignage
«Près de 26 % d'économies chaque année»

« Notre politique papier s'inscrit dans une politique développement durable plus globale baptisée "siège exemplaire"», explique Stéphane Carpier directeur technique au sein de la direction innovation, développement et performance durables de Gecina, foncière française en immobilier de bureaux et résidentiel.
Ainsi, l'entreprise a mis en place une politique développement durable dès 2008. «la politique papier est une belle introduction pour modifier les comportements de nos salariés du siège», souligne Gilbert Bonzon, responsable d es moyens généraux chez Gecina. Un diagnostic a été mené en interne. Des bacs recyclés ont été installés proximité des 400 postes de travail, tandis que les containers centraux étaient récupérés par Veolia. La chasse au gaspillage passe aussi par la validation par badge des documents à imprimer et la suppression automatique des documents en fin de journée. Gluant aux multifonctions, elles sont paramétrées en mode recto/verso. De plus, le grammage du papier a été diminué, passant 80 à 70 g/m2. Une norme écolabel a été sélectionnée. Enfin, la numérisation du papier est favorisée. Une politique de gestion électronique de documents [Ged] a été menée en parallèle. Cette action a été mise en place en 2011, lors de la semaine développement durable. Les résultats sont en 2011, chaque salarié utilisait près de 52 kg de papier contre 83 kg en 2008.
En 2010, environ six millions de copies étaient imprimées, contre quatre millions en 2011. «Au final, nous avons réalisé environ 26 % d'économies chaque année», se félicite Gilbert Bonzon, responsable des moyens généraux chez Gecina.


Gecina
ACTIVITÉ
Foncière française en immobilier de bureaux et résidentiel
CHIFFRE D'AFFAIRES 2011
632,5 M euros
EFFECTIF
550 salariés
VOLUME D'ACHATS 2011
NC
EFFECTIF
ACHATS 2011
NC

Mot clés : Politique |

Marie-Amélie Fenoll