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Equiper sa ville de vélos en libre service

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Symboles du dynamisme et de l'engagement des villes en matière de développement durable, les parcs de vélos en libre service se sont fortement développés ces dernières années. Les municipalités doivent toutefois rester vigilantes pour ne pas devenir tributaires du marché publicitaire. Le concept de vélopartage revient à mettre à disposition des usagers en zones urbaines des vélos en libre service. Ce type d'achat englobe la livraison des vélos, l'installation des bornes principales et d'accrochage, la mise en place d'un système de gestion, la maintenance et enfin l'entretien. A travers cet achat, les collectivités cherchent principalement à réduire la congestion automobile et la pollution qu'elle engendre.

Deux enjeux majeurs se dégagent lors de la passation d'un tel marché. Premièrement, il s'agit de permettre un accès simplifié à ce service au plus grand nombre, aussi bien en termes de coût individuel que d'implantation géographique. Deuxièmement, il faut limiter au maximum les dégradations sur la voie publique, ainsi que les aménagements pouvant gêner la circulation. L'offre est restreinte à quelques fournisseurs et, dans la plupart des cas, associée à l'affichage publicitaire (lire brève p. 68). En effet, l'installation de ces parcs est souvent gratuite mais échangée contre des espaces disponibles. L'enjeu n'est pas neutre. En investissant dans un réseau de vélos urbains, les prestataires sécurisent leurs contrats avec les municipalités. Le système ayant fait ses preuves, de nombreux appels d'offres sont encore passés sous cette forme.

L'expert

Florence Olive est consultante au sein de Factea Sourcing, un cabinet de conseil en stratégie et en amélioration de la performance, spécialisé notamment dans l'optimisation des achats des entreprises et des collectivités territoriales.

Des dérives à maîtriser

Toutefois, associer l'implantation des vélos à une activité publicitaire peut entraîner des dérives et une répartition inégalitaire de l'implantation des bornes. La mise en place d'un nombre suffisant de stations, pour mailler entièrement un territoire, est pourtant un facteur de succès. Les sociétés d'affichage ont tendance à limiter le nombre d'emplacements dans des zones jugées peu attractives pour les annonceurs. A cette discrimination géographique s'ajoute celle des moyens de paiement trop souvent limités à la carte bancaire. Proposer d'autres moyens de règlement permet pourtant à tous les usagers d'avoir accès à ce service.

Les municipalités doivent donc rester très vigilantes. On assiste d'ailleurs à une implication plus forte des villes afin de réduire la pollution visuelle et les nuisances engendrées par les parcs de vélos. Ainsi, Paris a limité l'activité nocturne des panneaux lumineux ou encore Toulouse a passé un appel d'offres afin d'obtenir un service sans délégation du marché publicitaire, dissociant les activités de vélopartage et de publicité.

Les clés

- La mis e en place d'un nombre suffisant de stations, pour mailler entièrement un territoire est un facteur de succès - Le marché est restreint à quelques fournisseurs - Associer l'implantation des vélos à une activité publicitaire peut entraîner certaines dérives.