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Entreprises adaptées: de réels partenaires

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Pour répondre à leur obligation d'emploi fixée par la loi handicap, les entreprises privées et publiques peuvent, pour partie, agir par le biais des achats auprès d'Esat et d'EA. Ce secteur en pleine mutation propose des produits et services de mieux en mieux adaptés aux besoins des entreprises.

Encore récemment, le milieu adapté et protégé était composé d'entités morcelées, peu professionnalisées, et communiquait maladroitement auprès des entreprises. Les donneurs d'ordres, quant à eux, recherchaient le risque zéro en n'achetant auprès d'établissements et services d'aide par le travail (Esat) et d'entreprises adaptées (EA) que des produits ou prestations à faible valeur ajoutée, et en se concentrant sur quelques entités. On entend encore certains acheteurs, déclarer qu'ils achèteraient bien, pour faire plaisir à leur mission handicap, quelques fournitures de bureau... Mais pour d'autres prestations, ils hésitent et, bien souvent, reculent. Ils invoquent les exigences de leurs clients internes, leurs achats devant être irréprochables, tant au niveau du prix, de la qualité que de la réactivité de leurs fournisseurs.

Des freins à ne pas ignorer

Le principal frein pour les acheteurs semble être le référencement fournisseurs. Mais pas seulement. Ils se posent des questions relatives à l'implication éthique, auxquelles même les Esat et EA ne semblent pouvoir répondre: comment évaluer le taux d'emploi dégagé sur un produit donné (les unités bénéficiaires venant en déduction de la contribution)? Comment s'assurer que l'établissement interrogé ne fait pas sous-traiter régulièrement ses services? Comment être certain que la demande d'agrément de l'EA a été déposée dans le but d'encourager l'intégration et la professionnalisation des travailleurs en situation de handicap, et pas uniquement en vue d'obtenir des marchés?

Par Dominique du Paty de Clam, experte en achats auprès du secteur adapté, fondatrice de Handi-réseau (conseil et formations pour les entreprises). Elle anime un groupe de réflexion pour l'Afnor dans la commission «donneurs d'ordres/ Esat/EA».

Par Dominique du Paty de Clam, experte en achats auprès du secteur adapté, fondatrice de Handi-réseau (conseil et formations pour les entreprises). Elle anime un groupe de réflexion pour l'Afnor dans la commission «donneurs d'ordres/ Esat/EA».

Des spécificités juridiques complexes

Contrats de sous-traitance ou cotraitance, de mise à disposition, de détachement de personnel, de prestations de service sur site... Les acheteurs sont confrontés aux particularités de ces fournisseurs. Mais ceci ne doit pas les conduire à renoncer, car plus de 200 métiers sont représentés par les EA et les Esat sur le territoire. Désormais, les relations s'organisent et les procédures se clarifient. Les établissements se rapprochent entre eux pour compléter leurs offres, forment leurs usagers, échangent avec leurs clients sur une organisation bilatérale plus effective et offrent de plus en plus des produits et prestations à forte valeur ajoutée. Les missions handicap travaillent plus étroitement avec les services achats et des responsables achats Esat/EA sont mis en place, pas uniquement dans les grands groupes. La professionnalisation du secteur protégé et adapté permet de mesurer rapidement les bénéfices sociaux et financiers des entreprises. La pérennisation de relations durables et insoupçonnées pour les deux parties laisse espérer de belles réalisations pour les fournisseurs, mais aussi pour les donneurs d'ordres.

Les clés

Etre attentif aux établissements qui offrent de plus en plus des produits et prestations à forte valeur ajoutée Nommer des responsables achats Esat/ EA Organiser les filières de production Coordonner la cotraitance Favoriser un travail étroit entre les missions handicap et les services achats.

Mot clés : produit |

Dominique du Paty de Clam