Enchères inversées, entre craintes et réalité

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Les logiques de réduction des coûts imposent la définition de stratégies achats. Mais si la massification et la mutualisation progressent à grand pas, les enchères inversées restent un levier sous-exploité dans le secteur public.

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Alors que les pouvoirs adjudicateurs avancent à grands pas dans la professionnalisation de leurs achats, les enchères inversées restent le parent pauvre de la commande publique. Les retours d'expériences sont rares. Cette technique, importée du privé dans le code des marchés public de 2001, consiste à mettre en concurrence des fournisseurs, via une plateforme, sous la forme d'appel d'offres au mieux disant (prix et/ou autres critères quantifiables). Au cours d'une procédure d'enchères, les candidats proposent leur offre et sont tenus informés de celles proposées par les autres postulants. Ce qui leur permet de «désenchérir» dans le délai imparti. Au final, l'enchère s'impose comme la seule possibilité de «renégocier» le prix à l'issue d'un appel d'offres.

Cette procédure est décriée par les fournisseurs. En effet, ces derniers ont été soumis à une intense pression sur leurs prix dans le secteur privé. Les dérives, comme les enchères portant sur des prestations d'intérim, ont poussé le législateur à intervenir en 2005. Le code a donc entouré les enchères de multiples précautions, les circonscrivant aux achats de fournitures courantes et au-delà des seuils de procédures formalisées. Le procédé est largement détaillé dans le code de 2006, qui a précisé que le prix pouvait ne pas être le seul critère d'une enchère, encourageant par là même l'introduction de critères quantifiables (développement durable, qualité du service après-vente, etc.). Mais les acheteurs restent prudents face aux dégâts collatéraux que peut causer l'enchère, notamment vis-à-vis des PME. En réalité, la principale raison de cette faible utilisation est probablement que les acheteurs connaissent encore mal cette procédure. Et l'inconnu fait peur.

Florent Maillet

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