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Des systèmes de réservation informatique bientôt déréglementés

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Bruxelles s'apprête à déréglementer les GDS, des outils d'information utilisés par les agences de voyages. Un changement auquel doivent se préparer les travel managers car il risque d'impacter leur métier dans les années à venir. Encore faut-il en comprendre les enjeux.

La Commission européenne compte revoir le fonctionnement des GDS (Global Distribution Systems), ces plateformes informatiques de gestion des réservations destinées aux agences de voyages. Comment ? En redonnant aux compagnies aériennes, à l'origine de ces outils, plus de liberté dans les informations qu'elles délivrent aux voyagistes. Pour comprendre ce changement, un retour sur l'histoire des GDS est nécessaire. Si, aujourd'hui, ces outils clarifient l'information, la démultiplient en la rendant accessible, ils ont été créés, dès les années soixante, par les compagnies aériennes afin d'augmenter leurs canaux de distribution. Un problème de transparence est vite apparu : les vols des compagnies actionnaires d'un GDS figuraient en bonne place dans l'outil utilisé par les agences, tandis que les vols d'autres compagnies tendaient à disparaître sur des trajets stratégiques. Le gouvernement américain et l'Europe ont alors réglementé ce marché. À partir des années quatre-vingt-dix, le secteur a évolué. Les compagnies aériennes ont commencé à se retirer des GDS et à utiliser leur propre système de réservation et de distribution via Internet. Finalement, au début des années 2000, les États-Unis ont déréglementé les GDS sur le marché américain. L'Europe s'apprête aujourd'hui à les imiter. La perspective d'une déréglementation a fait l'objet d'une enquête de la Commission, ce qui donna naissance au rapport Brattel. Ce dernier ne put que constater une situation européenne plus floue qu'aux États-Unis et pour cause. En Europe, le principal GDS en activité, Amadeus, intègre toujours des compagnies aériennes dans son capital. Une situation qui peut continuer à biaiser la diffusion de l'information.

L'expert

Christophe Drezet est consulant au sein du cabinet Epsa, spécialisé dans les achats hors production et notamment les voyages d'affaires.

Les compagnies en force

Avec la déréglementation à venir, les compagnies vont retrouver une position de force car elles ne seront plus tenues contractuellement de donner les mêmes informations à tous les GDS et pourront donc gérer leurs accords au cas par cas. Ce système remet en cause l'utilité des agences de voyages traditionnelles. Les compagnies ne cachent pas que, souvent, les tarifs proposés sur leurs sites web sont plus avantageux que sur les GDS. De même, le temps passé par les agences à rechercher les meilleurs tarifs risque de s'allonger et les outils de réservation en ligne, vont devoir s'adapter. Néanmoins, les compagnies low cost sont plus intéressées par une représentation dans les GDS car elles visent la clientèle d'affaires qui réserve surtout via les agences de voyages. Easyjet a ainsi signé un accord pour apparaître dans les GDS Amadeus et Galileo. Une évolution que les travel managers devront suivre de près...

Les clés

- Déréglementé aux États-Unis, le marché des GDS va le devenir en Europe - Les compagnies aériennes pourront passer des accords avec les GDS de leur choix - L'utilité des agences de voyages pourrait être remise en cause.