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Des bureaux ergonomiques et fonctionnels

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Concilier les impératifs économiques des acheteurs et les attentes fonctionnelles et ergonomiques des utilisateurs, avec une touche de couleur, tel est le défi que tentent de relever les fabricants. Le bureau, outil de travail trop souvent considéré comme mineur, peut pourtant concourir à la motivation des salariés.

Avec sa gamme Epure, Haworth joue sur la modularité. Plus de 60 formes de plateaux sont disponibles, montés sur des piétements fixes ou mobiles, réglables en hauteur ou non.

Avec sa gamme Epure, Haworth joue sur la modularité. Plus de 60 formes de plateaux sont disponibles, montés sur des piétements fixes ou mobiles, réglables en hauteur ou non.

«C ontrairement aux ordinateurs, remplacés au moindre dysfonctionnement, le mobilier de bureau est bricolé, rafistolé... Et conservé au-delà d'une durée de vie raisonnable.» Ce constat amer dressé par Serge Gaichies, directeur marketing de Samas France, filiale du fabricant européen de mobilier professionnel, vaut pour l'ensemble de la profession. «Les meubles de bureau font partie des premiers postes budgétaires sur lesquels se réalisent des économies en période de récession», déplore-t-il. Dans ce contexte, rien d'étonnant à ce que les directions achats se retrouvent dans le collimateur des fabricants. D'autant que, comme le relève Yannick Bellec, directeur marketing et communication de GDBI, concepteur et distributeur de mobilier de bureau, «les directions achats ont tendance à n'examiner que deux critères: le prix et les délais de livraison». Une évaluation à l'emporte-pièce qui irrite les fabricants, persuadés que le cadre de travail représente pour l'entreprise un véritable facteur de motivation et de performance.

Serge Gaichies ne désespère pas de voir la perception des directions achats évoluer dans les années à venir. «Les directions générales commencent à comprendre l'importance du bureau, estime le directeur marketing de Samas France. Elles sont de plus en plus attentives aux fonctions du mobilier, ses formes, ses couleurs... des paramètres liés au bien-être de leurs collaborateurs et qui ont des conséquences sur l'organisation de leur travail.» Les fabricants espèrent que les directions achats suivront leur exemple. Mais «l'évangélisation» d'un marché est un travail de longue haleine.

En attendant, les fabricants poursuivent le développement de leurs produits avec pour credo l'ergonomie et le bien- être à petit prix. «Les produits tendent à se simplifier, observe Yannick Bellec. Plus nobles, plus ergonomiques, plus fonctionnels, ils répondent aux contraintes budgétaires des entreprises.»

Matière et couleurs arrivent au bureau

Les premiers efforts se sont portés sur la couleur. La tendance est actuellement au blanc nacré avec de petites nuances de beige, qui prennent tout doucement la relève du gris. Des couleurs d'appoint, assez vives et tranchées comme le vert, le rouge et le bleu, font leur apparition. Un brin de gaieté dans un bureau, ou dans un open space, est toujours le bienvenu. Concernant la matière, les fabricants mélangent de plus en plus le bois, le verre et le métal. Les plateaux en bois, ou aspect bois, très clairs, font leur grand retour, notamment pour leur côté chaleureux. Mariés à un peu de verre pour les cloisons et de métal pour les pieds, ils donnent au bureau un aspect à la fois moderne convivial et professionnel.

Les fabricants ont également dû repenser la taille des bureaux. «Avec la disparition des écrans traditionnels au profit des écrans plats, les bureaux sont plus petits. Désormais, une table de 140 x 80 cm suffit. Il y a moins besoin de profondeur», précise Serge Gaichies. Un point appréciable pour les entreprises qui gagnent ainsi quel ques mètres carres... «La tendance est également à la modularité en fonction des thématiques: réunions, travail en équipe, utilisation de mobilier assis-debout... Cela répond à l'activité de plus en plus nomade des salariés. On se connecte, on repart, on fait une réunion,etc. Les bureaux s'adaptent à toutes les situations», ajoute Yannick Bellec. Venus de Scandinavie, les bureaux assis-debout devraient envahir les espaces de travail de demain. Ce concept est désormais proposé par la plupart des fabricants. Il permettrait notamment d'éviter certains problèmes de santé liés à une position de travail trop statique. Mais la réelle bataille se joue de plus en plus sur les accessoires. Pinces pour écrans plats, vide-poches pour entreposer stylos, agrafes et autres fournitures de bureau, branchements électriques directement disponibles sur le plan de travail, câbles électriques et informatiques totalement camouflés, supports pour colonnes d'ordinateurs... Les astuces et innovations des fabricants ne manquent pas.

Serge Gaichies, Samas France

«Les directions générales commencent à comprendre l'importance du bureau.»

Environnement et services

Les fabricants mettent également en avant deux arguments de vente importants: l'environnement et les services. Nombreux sont, par exemple, ceux qui ont rapatrié leur production, après l'avoir délocalisée en Chine, afin de se rapprocher de leurs clients. C'est le cas de Haworth et de Samas. «Nous nous sommes aperçus que les clients attendaient des produits personnalisés. Or, il était peu pratique de transmettre les demandes à distance, avoue Serge Gaichies. Les délais étaient longs, la qualité moindre et, surtout, le coût de revient en légère augmentation, alors que la qualité avait plutôt tendance à baisser...» Au final, malgré un coût de production inférieur de 20 %, Samas a préféré renoncer à l'eldorado asiatique. Même son de cloche chez Haworth, qui a réalisé 53 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2006. Souhaitant optimiser la production de sa gamme Epure, Haworth France avait transféré en 2005 d'Espagne en Chine la production d'une pièce structurelle de liaison pied/plateau, un composant majeur appelé crosse. Le fabricant réalisait ainsi un gain de production de l'ordre de 30 %. Mais, en 2006, la direction achats décide de réévaluer l'intérêt de cet approvisionnement au regard des contraintes liées aux procédures d'importation, aux délais de livraison et à la capacité de réponse au marché. Après avoir revu la conception de la pièce et consulté plusieurs fabricants métropolitains, Haworth a décidé de rapatrier cette production dans l'Hexagone, plus précisément en Loire-Atlantique. «Il est clair que la sous-traitance dans les pays à bas coûts n'est pas nécessairement la réponse à apporter. Nous sommes capables en France de répondre aux challenges grâce à notre capacité d'innovation et industrielle», assure-t-on du côté d'Haworth. Quant à l'environnement, argument aujourd'hui dans tous les esprits, il laisse de moins en moins insensibles les acheteurs. Steelcase propose notamment, avec sa gamme Movida, des produits certifiés «NF Environnement» recyclables à 97 % et contenant à la base 35 % de matériaux recyclés. Par ailleurs, quatre de ses usines (Rosenheim et Durlangen en Allemagne, Marlenheim et Sarrebourg en France) ont obtenu la certification PEFC (Programme Européen des Forêts Certifiées), qui se base sur la politique en matière de protection et de préservation des forêts. PEFC est l'un des organismes de certification en matière de gestion des forêts les plus reconnus au niveau mondial. Il a été créé en 1998 par six pays européens. Pour Eddy Schmitt, directeur général de Steelcase France, «les fournisseurs doivent démontrer que leur politique de gestion des forêts est respectueuse de l'environnement et qu'elle s'inscrit bien dans une optique de développement durable, en préservant la biodiversité et en veillant à ne pas surexploiter les forêts». Tous ces efforts permettront-ils de mettre un terme au cycle croissance /récession auquel sont soumis les fabricants de mobilier de bureau? Réponse à venir.

Yannick Bellec, GDBI

«Plus nobles, plus ergonomes, plus fonctionnels, les bureaux répondent également aux contraintes budgétaires des entreprises.»

Mot clés : travail |

Damien Chalon