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De nouveaux challenges pour les achats

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Créer le débat entre acheteurs autour de sujets-clés relatifs à leur profession. Tel était l'objectif de l'assemblée générale des achats, organisée début février par l'association EBG (Electronic business group). Mission réussie.

Pas moins de 120 directeurs achats étaient présents lors de l'assemblée générale des achats, organisée début février par l'association EBG (Electronic business group). L'objectif: permettre aux professionnels d'échanger leurs points de vue sur des thématiques achats essentiels. Trois tables rondes ont été organisées, ponctuées de séances de networking propres au partage des bonnes pratiques.

L'internationalisation des achats, nouveau challenge organisationnel?

C'est autour de ce sujet épineux que les débats se sont ouverts. René Orlandi, directeur achats de Schneider Electric, a donné le ton: «Il est complexe d'accroître nos équipes achats dans des pays émergents, car les réseaux de fournisseurs sur place ne sont pas assez tendus. Nos centres de décisions sont encore trop concentrés dans les pays développés. Nous devons donc plancher sur une plus grande décentralisation de notre organisation en étendant l'expatriation de nos collaborateurs, ou le recrutement d'acheteurs locaux compétents et mieux formés. Or, d'un point de vue RH, il est souvent compliqué de trouver ce type de profils. » Même difficulté soulevée par le groupe Seb: «Nos acheteurs ne sont pas assez aguerris aux achats à l'international. Ils doivent gagner en maturité», explique Hervé Montaigu, vice-président purchasing du groupe.

@ FOTOLIA/LD

Comment privilégier des analyses prédictives de la dépense?

Cette deuxième table ronde a mis en évidence la difficulté d'établir un programme prévisionnel des coûts. « Ce travail ne peut relever des acheteurs seuls, or les clients internes n'ont pas toujours le réflexe d'anticiper les coûts en s'appropriant notamment l'outil SRM -Supplier relationship management- mis en place», a jugé Ludovic Granese, directeur achats de Generali. A la RATP, la mise en place d'un tel programme s'avère plus simple: «Nous disposons d'une visibilité sur nos prévisions de trafc à 2 % près. Aussi, il est facile d'évaluer nos dépenses d'exploitation, de maintenance, etc. », a indiqué Olivier Duthuit, directeur achats du groupe.

Chez STMicroelectronics, les acheteurs disposent «d'un outil de planning stratégique à 3-5 ans leu r permettant de prévoir les demandes de capacité à moyen et long terme et ainsi élaborer leur démarche d'achats selon cette prédictibilité», explique Philippe Pellegrin, directeur achats du groupe.

L'implication des achats dans la gestion des risques de l'entreprise

C'est un sujet qui taraude de plus en plus les acheteurs. Ils sont désormais confrontés à une conjonction notable de risques (troubles géopolitiques: Egypte, Tunisie, Thaïlande, fluctuation des matières premières, etc.), propres à engendrer un impact économique fort pour leurs entreprises. D'où leur motivation à miser sur un panel de solutions pour mieux anticiper ces risques. « Chez Siemens, nous disposons d'un ERM (Entreprise risk management), qui nous permet de faire l'inventaire des risques au travers d'une revue trimestrielle. Ainsi, chacun d'eux peut être qualifié et évalué», a détaillé Olivier Goumelon, supply chain management head au sein du groupe.

Même outil privilégié chez EADS Astrium: «La maîtrise des risques, notamment industriels, fait partie de notre coeur de métier. Notre objectif consiste à les contenir le plus possible, en interne, sans les transférer à nos fournisseurs, notamment de second rang», a déclaré Michel Bailly CPO d'EADS Astrium.