Mon compte Devenir membre Newsletters

Coursiers: le vélo ne dépasse pas le scooter

Publié le par

Pour réduire l'empreinte carbone de leurs activités et celle de leurs clients, les coursiers installés au coeur des villes réfléchissent aux modes alternatifs de déplacements. Surfant sur la «tendance écolo», des sociétés spécialisées dans les courses à vélo ont vu le jour. Une offre qui reste, pour le moment, réduite.

Depuis deux ans, AG2R La Mondiale fait appel, pour au moins 10 % de ses courses dans Paris intra-muros, à des coursiers en vélo. «Les courses non motorisées nous permettent de réduire l'empreinte carbone de nos activités», explique Jean-François Beslin, acheteur responsable du segment transport et location de voitures chez AG2R La Mondiale. Le prestataire retenu, la société Top Chrono, doit notamment fournir à l'entreprise un reporting trimestriel des différentes courses réalisées pour son compte, accompagné d'un bilan des «économies» réalisées en matière d'émissions de gaz à effet de serre. AG2R La Mondiale a, en effet, besoin de cette donnée pour effectuer son bilan carbone intégré à son rapport annuel responsabilité sociale et environnementale (RSE). «Notre objectif est d'augmenter progressivement le poids des courses à vélo», précise Jean-François Beslin.

Une prestation que propose Top Chrono depuis trois ans. « Ce sont les échanges avec nos clients qui nous ont poussés à structurer cette offre», confie Stanislas de Berc, président de Top Chrono, qui travaille principalement avec des grandes entreprises dont le siège est situé dans Paris. «Ils souhaitaient que nous les accompagnions dans leur démarche d'achats responsables et durables. Mais parmi les clients qui nous demandaient des «offres green», rares sont ceux qui finalement ont franchi le pas afin qu'un pourcentage minimum de leurs courses soit fait à vélo», déplore-t-il. Aujourd'hui, Top Chrono compte six cyclistes parmi ses 120 coursiers. «Nous sommes montés jusqu'à huit, avant de nous stabiliser. Ce nombre est, pour l'instant, suffisant pour répondre à la demande. » La plupart des courses sont concentrées dans les VIIIe, IXe et XVIe arrondissements, ainsi que vers Neuilly, La Défense et Levallois, «faciles d'accès en vélo». Les coursiers sont équipés de sacs à dos ultralégers et adaptés pour permettre le transport de plis de quatre kilos maximum sans les endommager.

Ponctualité et respect du code de la route

Si Top Chrono a senti cette «tendance verte» il y a trois ans, BeCycle fait figure de précurseur sur ce marché. «Nous avons démarré notre activité à Lyon en 2004», précise Francis Paquet, fondateur et cogérant de la société. Des antennes ont ensuite été ouvertes à Grenoble, Nancy, Dijon, Metz, Nice et Paris. Aujourd'hui, BeCycle compte 60 coursiers sur l'ensemble de ces villes. Francis Paquet se rappelle pourtant avoir dû faire ses preuves pour prouver que le vélo est un outil parfaitement adapté à ce type de travail. «Pour nombre d'entreprises, l'image du vélo est plutôt associée aux loisirs. Notre cheval de bataille est donc la qualité de service. » Celle-ci passe, bien entendu, par la ponctualité des livreurs mais aussi par le respect du code de la route, une attention apportée aux plis transportés et une attitude irréprochable des coursiers. «Nous leur demandons d'enlever leur casque et de se présenter poliment et en souriant chez nos clients. C'est aussi ce qui fait notre différence», conclut Francis Paquet.

@ imprimé sur du papier recyclé.

Francis Paquet, BeCycle

« Pour nombre d'entreprises, l'image du vélo est plutôt associée aux loisirs. Notre cheval de bataille est donc la qualité du service. »