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Coup de froid dans les relations entre acheteurs et consultants

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Seuls 37 % des consultants ont une perception positive des acheteurs alors qu'ils étaient 61 % en 2008, selon le Syntec Conseil en management.

 

Jean-Luc Placet (Syntec Conseil en management) :

« La crise a induit une dégradation dans les relations entre acheteurs et consultants. »

Les relations entre acheteurs et consultants sont loin d'être au beau fixe. C'est ce que constate la seconde édition du Baromètre des achats de conseil, réalisée par le syndicat Syntec Conseil en management, en partenariat avec la Cdaf (Compagnie des dirigeants et acheteurs de France). En effet, si deux acheteurs sur trois pensent que cette relation s'est améliorée, seul un tiers des consultants partage cette opinion.

Désaccord sur les pratiques

Selon l'étude, la situation a évolué en un an. Alors qu'une large majorité d'acheteurs possède une bonne image des consultants (67 % en 2009, soit 6 points de plus qu'en 2008), l'inverse n'est plus vrai. En effet, seuls 37 % des consultants ont une perception positive des acheteurs alors qu'ils étaient 61 % en 2008. Pour autant, ces derniers ne remettent pas en cause le professionnalisme des acheteurs. Ils considèrent même, pour 44 % d'entre eux, que celui-ci progresse. C'est a contrario l'évolution de certaines pratiques, amplifiée par la crise, qui explique ce retournement d'opinion. Avec comme premier sujet de désaccord, la question du prix. «La crise a imposé aux acheteurs des consignes plus sévères en matière de réductions des coûts qui ont malheureusement induit une dégradation dans nos relations avec eux», explique Jean-Luc Placet, président du Syntec. En effet, plus de deux consultants sur trois estiment que le prix pèse pour plus de 50 % dans la décision d'achat d'une prestation de conseil. Et un consultant sur quatre lui attribue un poids supérieur à 75 %.

Autre source de tensions : le référencement. En effet, si les consultants remettent en question le bien-fondé d'une telle pratique (60 %), les acheteurs soulignent son intérêt (79 %). Ceci étant, l'unanimité de ces derniers en faveur du référencement semble s'effriter, passant de 93 % à 79 % entre 2008 et 2009. Trois raisons principales expliquent cette remise en question partielle : la lourdeur administrative des procédures, la nécessité d'oxygéner le panel de fournisseurs et la crainte d'être soupçonné de favoritisme. Seul point qui rallie les parties prenantes : le développement durable. 74 % des acheteurs et 88 % des consultants s'accordent à souligner la faible place accordée aux critères écologiques et sociaux dans les procédures d'appels d'offres ou de sélections. Plus encore, le suivi et l'évaluation des missions s'avèrent être des sujets consensuels entre acheteurs et consultants. En majorité, ces derniers déclarent instaurer un suivi qualitatif des missions ou, le cas échéant, des indicateurs de satisfaction. «Au final, si la crise a tendu les rapports entre acheteurs et consultants, elle a aussi permis à nos deux professions de mieux se connaître, rappelle Jean-Luc Placet. D'ici la fin 2010, lorsque la récession sera derrière nous, nos relations devraient revenir à la normale. »

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Le Syntec Conseil en management en quelques mots

Le Syntec Conseil en management regroupe plus de 82 cabinets, représentant plus de 50 % du marché du conseil en management en France, soit environ 3 milliards d'euros de chiffre d'affaires. Ce syndicat professionnel fait partie de la Fédération Syntec qui compte près de 1 250 entreprises membres appartenant à plusieurs secteurs d'activité (ingénierie, études & conseil, informatique, formation, relations publiques...).