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Concentration en vue dans le ciel européen

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Dans le contexte économique actuel, les trois principaux transporteurs, Air France-KLM, British Airways et Lufthansa, accumulent les prises de contrôle pour renforcer leur position sur le marché.

«Face aux défis que représentent le pétrole, l'environnement ou encore les pertes commerciales de 2,5 milliards de dollars prévus par l'international Air Transport Association pour 2009, la coopération entre les compagnies aériennes est une nécessité pour poursuivre le développement de cette industrie.» Jean-Cyril Spinetta, président d'Air France-KLM, justifie ainsi l'augmentation de capital, officialisée mi-janvier, qui permettra au groupe aérien franco-néerlandais de détenir 25% d'Alitalia. C'est, en effet, une véritable concentration qui s'opère dans le ciel européen. Un mouvement accentué par la crise économique qui touche l'ensemble des compagnies et amplifie la fragilité des transporteurs en difficulté. Ainsi, trois mastodontes du transport aérien traditionnel, Air France-KLM, Lufthansa et British Airways, sont en train de se partager le continent. La coopération entre Air France-KLM et Alitalia offrira, par exemple, au groupe franco-néerlandais un accès élargi au marché italien. Et, surtout, une nouvelle assise dans le Sud du continent grâce au hub de Milan-Malpensa, qui vient s'ajouter aux plateformes de Roissy-CDG et d'Amsterdam-Schiphol, plaques tournantes stratégiques du groupe franco-néerlandais (lire le zoom ci-dessous).

De son côté, Lufthansa accumule les prises de contrôle et prend de l'ampleur sur le marché européen. Depuis 2008 en effet, la compagnie allemande s'est emparée de la Belge Brussels Airlines, de l'autrichienne Austrian Airlines et de la Britannique BMI (British Midland). Elle s'est également montrée intéressée par le rachat de son homologue scandinave SAS. Ce rachat renforcerait les positions du transporteur allemand sur l'un de ses principaux marchés, la Scandinavie. La compagnie avait déjà amorcé cette politique en 2005, lors de la reprise de Swiss.

British Airways, quant à elle, rencontre plus de difficultés. Les négociations concernant son «mariage» avec la compagnie australienne Qantas se sont conclues par un échec, l'empêchant de s'imposer en Europe comme le numéro 1 de l'aérien. Néanmoins, même s'il n'est pas encore assuré, son rapprochement avec l'Espagnole Iberia reste d'actualité.

ZOOM
Les hubs, des places stratégiques

Le développement des plaques tournantes aéroportuaires, appelées hubs, est une priorité pour les principales compagnies aériennes. L'enjeu est de taille. Il s'agit, en effet, de concentrer le trafic régional ou continental sur une seule plateforme, à partir de laquelle la compagnie peut opérer des vols longs courriers vers le monde entier via des gros-porteurs. Air France-KLM dispose ainsi de deux portes d'entrée mondiales en Europe: Roissy-CDG et Amsterdam-Schiphol. Le rapprochement avec Alitalia n'est donc pas un hasard. Il lui permet de s'installer sur une troisième plaque tournante, celle de Milan-Malpensa, d'où opère la compagnie italienne. Même objectif pour le rachat d'Iberia par British Airways: s'emparer du hub de Madrid, véritable ouverture vers le continent sud-américain et dont la clientèle sud-européenne pèse lourd dans le trafic.