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Comment indexer des prix sur des indices

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Les contrats incluent fréquemment des formules de révision de prix, pour tenir compte de la hausse ou de la baisse des coûts sur les marchés fournisseurs concernés. Ces calculs sont fondamentaux dans la mesure où ils garantissent une relation équilibrée entre les deux parties.

Dans des secteurs comme les achats de travaux ou les achats de prestations intellectuelles, les contrats incluent traditionnellement des formules de révision ou d'actualisation de prix lesquels s'appuient sur des indices. Objectif de l'acheteur : s'assurer que le prix initial négocié, par définition optimal, continue de le rester malgré les fluctuations sur le marché concerné. Or, instituer une formule de révision des prix nécessite un minimum de préparation et de savoir-faire. Les accords de révision sont contractuels et portent sur le long terme. L'enjeu n'est donc pas neutre. Mais trop souvent, les acheteurs veulent tirer le maximum d'avantages de la formule, c'est-à-dire en limitant les possibilités de hausse. Et ce au détriment du vendeur et en dehors de toute réalité du marché, avec toutes les conséquences que cela peut porter sur la qualité du produit ou du service acheté.

Eviter les formules trop complexes

Tout d'abord, une formule de révision des prix ne doit pas être une usine à gaz. Ainsi, il convient de limiter le nombre de critères pris en compte dans son calcul. Les plus utilisés sont généralement le coût de la main-d'oeuvre, celui des transports ou des matières premières. A noter qu'un coefficient de stabilisation, encore appelé coefficient de neutralité, fixe la part du prix qui ne bougera pas tout au long de la durée du contrat. En règle générale, celui-ci se situe entre 0,30 et 0,60. Une fois les critères de la formule définis, l'acheteur et le vendeur doivent trouver les indices

auxquels ils seront associés. Bien entendu, les organismes qui les diffusent doivent être reconnus pour leur sérieux, l'objectivité et la pertinence de leurs calculs. Sur ce point, il convient de se rappeler que les indices paraissent souvent avec un décalage dans le temps, parfois de plusieurs mois, en raison du processus de collecte des informations, de leur traitement et de leur diffusion. Les indices choisis, aussi bons soient-ils, ne reflètent donc pas nécessairement la réalité du moment. Leurs répercutions dans la formule de révision des prix peut donc être légèrement décalées dans le temps.

Lorsque les indices sont identifiés, il convient de définir la période de référence prise en compte. Plusieurs possibilités en la matière : l'indice le jour même de sa sortie ou alors une moyenne périodique. Plus ce temps de référence est long, plus la courbe de l'indice est lissée, ce qui aura tendance à atténuer les variations de prix, dans un sens comme dans l'autre.

Par ailleurs, il faut s'entendre sur la date d'application de la formule de révision des prix, immédiatement ou au bout de quelques semaines, sachant qu'il existe un délai incompressible pour permettre aux donneurs d'ordres comme aux fournisseurs de prendre en compte dans leur système comptable les changements provoqués par les accords en la matière. Dernier point à négocier : la fréquence des révisions de prix (doit-elle être mensuelle, trimestrielle, annuelle, etc.). Elles peuvent également être déclenchées par l'édition des indices en eux-mêmes ou à date fixe.

@ ARNAUD OLSZAK

L'expert

Olivier Wajnsztok est le directeur associé du cabinet AgileBuyer, spécialisé dans les achats stratégiques et opérationnels. AgileBuyer propose des équipiers achats.

Les clés

L'objectif de l'acheteur est de s'assurer que le prix initial négocié, par définition optimal, le reste - Une formule de révision des prix doit s'appuyer sur des critères et des indices simples, partagés par les deux parties - les révisions de prix doivent tenir compte de la réalité de chaque marché, y compris en cas de hausse.

Par Olivier Wajnsztok, directeur associé du cabinet AgileBuyer