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Comment faire confiance aux organismes de carbo-compensation?

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Dans le cadre de leur activité, qui amène leurs collaborateurs à se déplacer, certaines entreprises financent des projets pour compenser leurs émissions de carbone. Une bonne action pour la planète, à condition de savoir identifier les organismes capables de calculer leur empreinte environnementale.

Les déplacements professionnels - mais pas seulement, loin s'en faut - génèrent de fortes émissions de CO2. Résultat, un certain nombre d'entreprises ont souhaité mettre en place des programmes dits de carbo-compensation dans le cadre de leur politique voyages. En théorie, le principe est simple. L'entreprise choisit un projet présenté par un organisme de compensation, par exemple le reboisement ou la gestion durable d'une forêt. Après avoir mesuré le volume de CO2 généré par les déplacements des collaborateurs de l'entreprise, l'organisme de compensation convertit ce volume en unités monétaires, ce qui lui permet par la suite de financer ses projets. Dans la pratique, la situation est complexe. Le fou qui entoure le mode de calcul de la compensation générée par l'organisme retenu, est souvent grand et nombre d'entreprises sont réticentes à l'idée de financer un projet de carbo-compensation dont elles ne maîtrisent ni les tenants, ni les aboutissants.

Vérifier les labels et les certifications

Pour surmonter ce problème, il faut s'assurer de la compétence de l'organisme de compensation et de la viabilité de son projet. Certains bénéficient du label Gold Standard, initié par le WWF, qui s'est imposé comme une référence pour garantir le sérieux de tout programme de compensation carbone. Par ailleurs, le calcul réalisé par l'organisme prestataire peut être certifié si le projet s'inscrit dans un cadre prévu par le Protocole de Kyoto. Pour résumer, il existe deux certifications délivrées par des organismes rattachés à l'ONU : CER pour Certified Emissions Reduction et ERU pour Emission Reduction Units. Pour que le projet reçoive l'une d'elles, certaines conditions sont à remplir. Ainsi, le pays d'origine de l'entreprise et le pays hôte du projet doivent avoir ratifié le Protocole de Kyoto, le projet doit contribuer au développement durable du pays hôte et doit être lui-même approuvé par ce dernier, etc. Si le plan carbone ne s'inscrit pas dans le cadre prévu par le Protocole de Kyoto, le mode de calcul des compensations peut tout de même être reconnu à travers le "label" VER (Verified Emissions Reduction), délivré par des ONG. Au final, en dehors du label Gold Standard et des certifications CER ou ERU, il faut être très méfiant car des projets sont parfois validés par une organisation non-indépendante de l'organisme de compensation, avec tous les risques de dérives que cela comporte.

Par Christophe Drezet, consultant au sein du cabinet Epsa

@ ARNAUD OLSZAK

L'expert

Christophe Drezet est consultant au sein du cabinet Epsa, spécialisé dans les achats hors production et notamment les voyages d'affaires.

Les clés

- Le manque de visibilité, en particulier au niveau du calcul de la compensation réellement générée par l'organisme retenu, pose problème - Privilégier un projet labellisé Gold Standard, certifié CER ou ERU - Se méfier d'un projet validé par une organisation non-indépendante de l'organisme de carbo-compensation.

Mot clés : projet |

Christophe Drezet