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Comment anticiper la déréglementation du marché ferroviaire

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Dans quelques années, les voyageurs d'affaires pourront, en théorie, choisir entre plusieurs compagnies ferroviaires pour leurs déplacements. Cette nouvelle donne influencera, à des degrés divers, les voyages dans les entreprises.

@ FOTOLIA /SAQUIZETA/LD

A compter de 2011, le marché ferroviaire européen, et notamment le transport de passagers, sera ouvert à la concurrence. Une révolution dans l'univers des voyages d'affaires même si, aujourd'hui, il est difficile de savoir si cette déréglementation va bouleverser les habitudes et remettre en cause, en France, le règne de la SNCF. Les compagnies ferroviaires étrangères se gardent bien, pour le moment, de marcher sur les plates-bandes de cette dernière. Et seuls Air France et Veolia se sont déclarés intéressés par la création d'une nouvelle compagnie ferroviaire. Il faut dire que l'avion, sur les tronçons nationaux, voire internationaux, a perdu de son intérêt face au TGV. L'avionneur pourrait ainsi récupérer une partie du chiffre d'affaires perdu.

@ FOTOLIA /SAQUIZETA/LD

Les clés

Effectuer un travail de veille permanent - Consolider ses données achats, et notamment la part du rail dans les déplacements des collaborateurs - Ne pas sous-estimer la conduite du changement, même si elle sera faible.

Prendre la bonne voie

Néanmoins, le secteur pourrait évoluer très vite et tout acheteur doit savoir anticiper les changements. Il est donc important d'effectuer un travail de veille et de collecter toutes les informations susceptibles d'influencer la politique voyages de l'entreprise, au-delà de la déréglementation du marché ferroviaire proprement dite. Par exemple, la fermeture d'une liaison intérieure par Air France. D'ici à 2016, la compagnie aérienne va ainsi se retirer progressivement de certains grands axes. Or, beaucoup de voyageurs d'affaires utilisent encore l'avion entre Paris, Marseille, Nice et Toulouse.

Un autre préalable est de connaître la part du rail dans ses achats de voyages. Or, la consolidation des données n'est pas toujours le point fort des entreprises. Connaître le montant de ses achats permet pourtant de mieux négocier ou d'obtenir des remises, aujourd'hui avec la SNCF, demain avec ses concurrents. Enfin, concernant la conduite du changement, le référencement éventuel d'une compagnie concurrente, au détriment de la SNCF, sera sans doute moins impactant pour les voyageurs d'affaires que l'obligation de prendre le train plutôt que l'avion sur certaines destinations. Aujourd'hui, de plus en plus d'entreprises privilégient le rail, non seulement pour des raisons pratiques, mais aussi pour des questions de coûts. Dans beaucoup de cas, un trajet en train est plus rapide et moins cher qu'un déplacement en avion. Le marché ferroviaire a donc de beaux jours devant lui.

Par Christophe Drezet, consultant au sein du cabinet Epsa.