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Cloisons de bureaux, halte au bruit

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Dans le monde du travail où l'open space est devenu roi, bien sélectionner ses cloisons de bureau est un vrai défi. Elles représentent désormais un gage de calme et de sérénité. Comment les choisir? Sur quels critères se baser? Eléments de réponse.

 

Un open space chez Ernst & Young.

@ ARNAUD OLSZAK

Un open space chez Ernst & Young.

La cloison Hoyez eBeam inclut un vidéoprojecteur interactif NEC

La cloison Hoyez eBeam inclut un vidéoprojecteur interactif NEC "3D".

La Défense, tour First. Un grand calme règne dans les bureaux flambant neufs du cabinet Ernst & Young. La raison? Le traitement de l'acoustique des bureaux et des cloisons vitrées, qui ont bénéficié d'un investissement important, selon Pierre Hurstel, directeur de la stratégie de la communication de la société. L'absorption du niveau sonore a été évaluée à 38-39 décibels dans ces nouveaux locaux, contre 29-32 décibels dans les anciens bureaux de la tour Egée. «Les premiers critères de choix des cloisons à usage professionnel sont l'acoustique et la flexibilité», résume Hélène Ouyang, architecte d'intérieur au sein du cabinet d'aménagement d'espaces tertiaires Mobilitis. La norme 31-080 réglemente la qualité acoustique des bureaux et des espaces associés: bureau individuel, bureau collectif, espace ouvert, plateau à aménager, salle de réunion, espace de détente, salle de restaurant et circulation. Selon les indications de cette norme, le niveau sonore ambiant de la pièce avec des participants qui échangent doit être de 58 décibels maximum. D'où une attention accrue portée sur l'acoustique des éléments de séparation dans les entreprises. Comme le confirme Amaury Lavergne, directeur commercial chez le fabricant Interior: «La tendance est de pousser la performance acoustique au-delà des 45 décibels. » D'une façon générale, les cloisons pleines étouffent les bruits entre 44 et 45 décibels, les cloisons double vitrage limitent les résonances à 40 décibels, tandis que les cloisons plus haut de gamme vont jusqu'à 50 décibels. A titre de comparaison, selon l'échelle des décibels en vigueur, une conversation à voix basse représente 30 décibels et le bruit de la pluie 50 décibels.

Faire une distinction entre absorption du bruit et isolation phonique

Avant tout, il s'agit de bien différencier le taux d'absorption du bruit (ou réflexion), lié à la réverbération des sons, et la notion d'isolation phonique. Dans le premier cas de figure, le traitement de la moquette et du faux plafond peut atténuer les bruits et ainsi limiter l'écho. Dans le second, il convient d'identifier des éléments séparatifs performants pour atténuer tout bruit venant de l'extérieur (couloirs, etc.) et ainsi isoler le lieu souhaité. C'est pourquoi, selon les fabricants, les indications sont différentes. «Au niveau sonore, il existe peu de différence entre le moyen et le haut de gamme», précise Hélène Ouyang, de Mobilitis.

Chez Hoyez, le modèle de cloison H9 présente une épaisseur de 96 mm pour un indice d'affaiblissement acoustique (Rw) de 45 à 50 dB, selon la mise en oeuvre. Les cloisons Rezon, du fabricant Kinnarps, offrent également un confort phonique grâce à leur isolant recyclé. Celui-ci assure un niveau acoustique classé C, soit un taux d'absorption défini selon la norme ISO 354 et ISO 11654. L'épaisseur des cloisons est également un élément important à prendre en compte. «Elles doivent se situer aux alentours de 90 mm en moyenne», résume l'architecte d'intérieur de Mobilitis.

Le recours à un cabinet acoustique

Pour améliorer le confort acoustique des bureaux, il est possible de faire appel à des cabinets spécialisés dans ce domaine. Ainsi, le cabinet Orféa Acoustique accompagne les entreprises dans leurs projets d'aménagement afin de réduire au maximum les nuisances sonores. «Il ne s'agit pas de se baser uniquement sur la performance de la cloison, mais bien de prendre en compte de manière plus large les différents éléments d'un projet d'aménagement, comme l'installation d'un faux plafond ou d'un plancher technique, avance Frédéric Lafage, dirigeant de la société. Le responsable des services généraux doit bien prendre en compte la destination de ses locaux, définir leurs usages, étudier la réflexion pour éviter la propagation du son entre les bureaux. » Même écho chez Jacques Simonian, président-directeur général de Tertiam, une société spécialisée dans l'aménagement des espaces de travail: «Les entreprises ont conscience que la problématique de l'acoustique résulte de l'isolation combinée d'une multitude de produits (moquette, faux plafonds, etc.) spécialement pensés pour absorber le son. » La modularité des cloisons de bureaux est également très recherchée: « L'espace de travail peut être modulé selon ses envies grâce à des cloisons qui se clipsent et se déclipsent. Un procédé développé par le fabricant Matfor», souligne Hélène Ouyang, de Mobilitis. Cependant, pour Jean-François Bertolatto, responsable des opérations chez CBRE, cabinet spécialisé dans le conseil en entreprise, «il est difficile de combiner le côté amovible des cloisons avec l'isolation phonique». Il préconise «de renforcer, donc, cette barrière phonique entre le faux plafond et la dalle» ou encore «d'ajouter un matériau composé de feuilles de goudron dans la partie masquée de la cloison pour gagner un ou deux décibels».

Les cloisons sont de plus en plus transparentes. Le bord à bord vitré est alors privilégié. Ibermodul, le fabricant espagnol, innove et propose des cloisons modulaires avec une jonction d'une épaisseur plus fine que la moyenne, soit réduite à deux centimètres au lieu des cinq centimètres habituels. Une façon d'éviter l'effet «couloir» ou celui des «barreaux de prison», précise Hélène Ouyang, du cabinet Mobilitis.

Hélène Ouyang, Mobilitis

Hélène Ouyang, Mobilitis

Avis d'expert

«Les cloisons deviennent intelligentes»


La cloison dite «intelligente» qui intègre un support informatique fait une apparition timide mais remarquée. «Nos clients demandent de plus en plus d'intégrer du matériel de réunion - caméra, visioconférence, etc. - dans les cloisons. Ou bien d'utiliser les cloisons comme surface pour afficher les présentations avec le rétroprojecteur», résume Hélène Ouyang, de la société Mobilitis. Le fabricant Hoyez a franchi le pas avec sa nouvelle cloison baptisée Hoyez-eBeam. Cette dernière est équipée de la technologie eBeam, qui intègre directement des éléments utiles à une présentation. Elle contient un tableau blanc pour écrire, projeter et même accrocher des documents grâce à sa surface aimantée. Son capteur intégré et le logiciel fourni transforment l'outil en tableau intelligent. La cloison dispose d'un vidéoprojecteur interactif NEC «3D» à ultra-courte focale. Enfin, un bloc prises propose toutes les connectiques nécessaires au raccordement de l'ordinateur avec le vidéoprojecteur: VGA, Jack 3.5, USB, 2P+T.
Chez Saint-Gobain, la technologie convertit une cloison transparente en une cloison opaque, pour préserver l'intimité du lieu. Ce vitrage à opacification commandée s'actionne grâce à un simple interrupteur électrique. Sous tension, la cloison SGG Priva-Lite permet la vision ; hors tension, elle devient opaque. A l'état opalin, la cloison se mue alors en une surface de communication pour projeter des présentations et offrir un écran intelligent.

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Marie-Amélie Fenoll