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Cartes carburant : comment tirer parti de la concurrence

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Utiliser une carte carburant génère de nombreux avantages : remises tarifaires des pétroliers, simplification de la gestion des notes de frais, reporting, etc. Si Total domine ce marché, la concurrence s'organise.

Avec plus de 4 000 stations-service en France, Total a une longueur d'avance sur ses concurrents.

Avec plus de 4 000 stations-service en France, Total a une longueur d'avance sur ses concurrents.

Hormis le loyer, dans le cadre d'un contrat de location longue durée, le carburant représente la plus grosse dépense d'un véhicule en entreprise. Logique, dès lors, d'y apporter une attention particulière. Ainsi, les sociétés, petites ou grandes, proposent des cartes carburant à leurs collaborateurs bénéficiant d'un véhicule de fonction ou d'entreprise. Les avantages pour la société sont nombreux et non négligeables : remises tarifaires des pétroliers en fonction du volume annuel de consommation, simplification des process de gestion et des notes de frais grâce aux outils de reporting, centralisation de l'ensemble des dépenses en une seule facture, récupération simplifiée de la TVA, contrôle de l'usage des cartes et limitation des abus ou des fraudes des collaborateurs, etc. Pour le conducteur, l'intérêt n'est pas moins important : utiliser une carte lui permet en effet de ne pas avancer d'argent, de gagner du temps sur la gestion de ses notes de frais, et donc de faciliter ses déplacements. «Le but d'une carte carburant est d'aider les entreprises à mieux gérer cet aspect de leur flotte et à optimiser leurs coûts grâce aux remises et aux outils de gestion », confirme Jean-Paul Pareige, responsable des ventes cartes chez BP France.

La grande distribution s'invite dans la compétition

Dans l'Hexagone, le marché des cartes carburant évolue peu à peu. La grande distribution, qui dispose déjà depuis plusieurs années de ses propres stations dans les centres commerciaux, s'organise désormais autour des entreprises. Une à une, les enseignes développent à leur tour des cartes carburant destinées à attirer les flottes. «En deux ou trois ans, les offres des enseignes de grande distribution se sont multipliées», confirme Olivier Rigoni, fondateur du cabinet de conseil Cogecar. Ainsi, après Auchan, les autres distributeurs ont emboîté le pas, à l'instar de Leclerc, qui a lancé l'an dernier sa carte pour les professionnels, baptisée Energeo. Destinée aux sociétés de toute taille comme aux administrations, elle permet de suivre en direct les consommations des collaborateurs et, éventuellement, de définir un montant plafonné par salarié. Si l'ouverture d'un compte Energeo est gratuite, l'entreprise doit en revanche payer 9 euros pour utiliser une carte pendant 18 mois. Disponible en mono ou multiconducteurs, elle donne accès au réseau de l'enseigne, soit près de 500 stations en France. «Les offres dans la grande distribution sont certes moins rodées que celles des pétroliers, mais n'en demeurent pas moins sérieuses : les moyens techniques et informatiques nécessaires sont là et font bénéficier les entreprises des mêmes possibilités de reporting et de gestion», précise Olivier Rigoni (Cogecar).

L'importance du maillage territorial

Malgré le développement de ces réseaux alternatifs, les entreprises se trouvent face à une réalité sur le terrain : avec plus de 4 000 stations-service en France (près de 12 000 en Europe), Total écrase littéralement le territoire. BP, avec ses 600 sites, ou encore Auchan ou Leclerc avec leurs centaines de stations, semblent bien loin. Il convient donc, pour la société désireuse de mettre en place un système de carte, d'analyser le maillage géographique des stations. «Il n'y a pas une solution qui soit meilleure qu'une autre, estime Olivier Rigoni. Tout dépend de la taille de la flotte, de l'activité de l'entreprise et des régions couvertes par ses conducteurs. » En effet, si Total est omniprésent en France, certains réseaux plus confidentiels, comme celui de BP, sont davantage concentrés dans certaines régions, en Seine-Maritime notamment, et ne sont pas du tout présents dans d'autres zones.

En outre, le premier critère reste le coût du carburant. S'il fluctue d'une région à l'autre en fonction de l'acheminement qu'il a subi, il n'en demeure pas moins une grande disparité dans les prix à la pompe. Avec un avantage pour les enseignes de grande distribution. « Une station de pétrolier sur l'autoroute sera forcément plus chère qu'une pompe d'un centre commercial en périphérie urbaine. Pour autant, si le conducteur doit prévoir un détour de 50 km en sortant de l 'autoroute pour aller faire son plein, cela n'a pas nécessairement d'intérêt», détaille Olivier Rigoni (Cogecar). Et d'ajouter que de ce fait, «les entreprises qui comptent une majorité d'automobilistes nationaux, familiers des grands axes, ont intérêt à privilégier l'offre Total. A l'inverse, le choix de la grande distribution devient évident pour les sociétés dont le domaine d'activité amène leurs collaborateurs à rester en zone urbaine. » Bien entendu, rien n'empêche de mêler les deux solutions en fonction du besoin du collaborateur.

Enfin, l'entreprise peut aussi s'intéresser aux services associés : réparations, passes péages, etc. Total, en partenariat avec Conduire Juste / Jean-Pierre Beltoise, propose des formations à l'éco-conduite. Auchan et Leclerc, eux, permettent l'accès à leurs centres automobiles : pratique pour les petits entretiens !

Mot clés : France

Romain Rivière