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CHU de Bordeaux: des déchets mieux gérés

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Des déchets mieux triés et donc mieux orientés vers la bonne filière de traitement, un personnel davantage formé et informé, des pratiques d'achats plus économiques et respectueuses de l'environnement... Le CHU de Bordeaux met en place une série de mesures pour optimiser le traitement de ses déchets.

@ FOTOLIA / JEAN-PAUL CHASSENET

«Pour des raisons évidentes de sécurité sanitaire, le traitement des déchets a toujours été une préoccupation majeure du CHU de Bordeaux », confie Florence Nègre-Le Guillou, pilote du groupe transversal «déchets» au CHUS'agissant de la partie des déchets hospitaliers à caractère «industriel», le CHU s'est appuyé sur le diagnostic et les recommandations de Factea Waste Management, cabinet de conseil spécialisé dans l'optimisation de la gestion des déchets.. Une préoccupation d'autant plus grande que les différents établissements du centre hospitalier bordelais génèrent d'importantes quantités de déchets: plus de 6 000 tonnes par an. « Si plusieurs actions avaient déjà été mises en place par le passé pour maîtriser les flux les plus importants, nous souhaitions aller plus loin dans la démarche et optimiser le traitement de l'ensemble de nos déchets, y compris d'un point de vue budgétaire », reprend Florence Nègre-Le Guillou.

Trier les déchets à la source

Suite à une mise en concurrence, le CHU de Bordeaux décide donc fin 2011 de confier à Factea Waste Management la réalisation d'un état des lieux. Objectifs: faire un inventaire précis des centaines de tonnes que représentent les déchets industriels banals et dangereux, identifier les bonnes et mauvaises pratiques au sein de ses différents établissements et proposer des axes d'amélioration. « Comme dans d'autres centres hospitaliers, notre audit a permis de démontrer qu'il y avait un fort enjeu de tri des déchets à la source, engendrant des surcoûts importants lors de la collecte et du traitement de produits censés être à risque infectieux mais qui, en réalité, ne le sont pas », indique Bruno Costes, directeur de Factea Waste Management. Dans les hôpitaux, il faut distinguer les déchets d'activités de soins à risques infectieux (DASRI) des autres catégories de produits. Ainsi, les établissements du CHU de Bordeaux ont produit en 2011 près de 2 200 tonnes de DASRI. L'impact en termes de coût de traitement des déchets n'est pas neutre: la collecte et le traitement des fameux DASRI sont généralement plus de trois fois plus élevés que pour les autres déchets. Or, selon Bruno Costes, presque 25 % du tonnage de DASRI n'est pas justifié et pourrait être orienté vers des filières de traitement moins coûteuses. « Seules la formation du personnel et l'information sur place, comme la décidé le CHU de Bordeaux, peuvent réduire un tel pourcentage», souligne Bruno Costes. Le CHU de Bordeaux a d'ailleurs mené en interne, au printemps 2011, une action de formation auprès de 1 500 agents, ce qui a amélioré le tri et a réduit la quantité de DASRI de 15 %.

Des pratiques d'achats améliorées

L'audit a permis d'identifier des axes d'amélioration dans les pratiques d'achats avec un impact direct sur la gestion des déchets d'un point de vue environnemental et financier. Concrètement, il s'agit de préconiser l'achat de produits avec un minimum de conditionnement et, si possible, une homogénéité des matières utilisées pour l'emballage proprement dit. Ces nouvelles pratiques d'achats passent aussi par une collaboration plus étroite avec les fournisseurs. Pour Bruno Costes, l'exemple du CHU de Bordeaux est donc caractéristique de l'important potentiel d'optimisation de la gestion des déchets dans une organisation. « Les mesures prises par le CHU de Bordeaux peuvent parfaitement être adoptées par d'autres secteurs, comme les entreprises industrielles », précise-t-il.

@ 2011 UPDATE CONSEILS

Bruno Costes, Factea Waste Management

« Notre audit a permis de démontrer qu'il y avait un fort enjeu de tri des déchets à la source. »