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Bientôt l'heure du re-insourcing?

Publié le par

Sébastien de Boisfleury, rédacteur en chef

Sébastien de Boisfleury, rédacteur en chef

Une étude récente réalisée par Compass Management Consulting, cabinet de conseil spécialisé dans l'analyse comparative, montre que 96 % des grandes entreprises américaines envisagent de reprendre en interne tout ou partie de leurs services informatiques externalisés. Un chiffre ahurissant qui s'explique par le fait que l'externalisation ne permettrait que très rarement d'obtenir des économies significatives. Selon Compass MC, les coûts baissent en effet de 1 5 % en moyenne pendant les 18 premiers mois qui suivent le démarrage du contrat. Mais, au final, les dépenses de l'entreprise peuvent être 30 % plus élevées que celles d'un service performant en interne.

En langage achats, ce phénomène porte un nom: le re-insourcing. Les raisons semblent être multiples: une déception des entreprises vis-à-vis de l'externalisation, un attrait croissant pour un sourcing sélectif avec un maintien des services stratégiques en interne, voire tout simplement une confiance accrue des sociétés dans leur capacité à gérer un service informatique en interne. En tout état de cause, beaucoup de projets ont échoué en raison d'une mauvaise gestion de la relation fournisseur. L'externalisation d'un service ou d'une prestation ne signifie pas qu'une société n'aura plus à s'en occuper. Bien au contraire.

Du côté des services achats, qui ont massivement poussé les entreprises vers l'externalisation des services informatiques dans une lutte fratricide avec les DSI restée dans toutes les mémoires, cette tendance ne représente pas nécessairement une bonne nouvelle. Néanmoins, elle ne semble pas se retrouver en Europe où le re-insourcing ne serait que marginal. Compass MC invoque des processus mieux maîtrisés. Le «Vieux Continent», qui a opté plus tardivement que le marché américain pour l'outsourcing, aurait profité des bonnes pratiques en la matière. Quant aux acheteurs, ils pourront toujours invoquer le fait qu'un processus de re-insourcing coûte parfois plus cher à l'entreprise que la poursuite de l'externalisation.