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Avec le SaaS, la location de logiciels gagne du terrain

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Les applications logicielles en ligne en mode SaaS se développent. Nombreux sont les donneurs d'ordres qui voient dans ce service, payé selon l'utilisation et ne nécessitant pas d'infrastructure sur site, une solution anti-crise rapide à implémenter.

@ Kirsty Pargeter / mike-experto / Fotolia / LD

Le marché du SaaS (Software as a Service) continue sa progression auprès des grands comptes. En effet, 66% des entreprises indiquent qu'elles vont augmenter leur budget consacré aux solutions logicielles en mode SaaS. C'est ce que révèle une étude menée par le cabinet Markess International, entre décembre 2008 et janvier 2009, auprès de plus de 270 sociétés. Et 38% pensent que la crise économique actuelle devrait accroître le recours à ces applications accessibles via Internet. En 2008, le marché français représentait déjà près de 1,5 milliard d'euros, soit près de 15% de l'ensemble du marché des logiciels.

De Citroën à Flammarion, en passant par Lapeyre et Lafarge, tous les secteurs d'activité ont souscrit à ce nouveau mode de commercialisation des applications informatiques qui permet notamment de réduire les coûts. «L'un des atouts majeurs du SaaS tient à son accessibilité pour tout type de structure. Le SaaS permet ainsi de démocratiser l'accès à des logiciels souvent jugés trop onéreux pour une acquisition en mode licence», précise Franck Buratto, directeur commercial de la société de services informatiques ESDI. En effet, avec le SaaS, l'entreprise n'est plus obligée d'acheter des licences logicielles. Elle doit en revanche payer un droit d'usage pour les applications utilisées dans les domaines comme la communication et la collaboration d'entreprise, les ressources humaines, les achats, la relation client ou la finance.

Maîtriser les coûts

Toutes ces applications disponibles a distance sont hébergées chez les prestataires et donc maintenues hors de l'entreprise. Pour Jamal Labed, directeur général de l'éditeur de logiciels Staff&Line, «le mode SaaS permet aux sociétés de mieux maîtriser les coûts induits d'une application logicielle». Selon lui, les coûts initiaux d'acquisition et de déploiement représentent rarement plus du tiers du coût total de possession (TCO ou Total Cost of Ownership) d'une application sur une période de cinq à sept ans. Les deux tiers de ce coût complet sont en effet liés aux frais de maintenance et d'évolution ultérieurs. «Le modèle locatif proposé par le SaaS offre donc la possibilité aux entreprises de mieux maîtriser leurs dépenses, car il intègre le plus souvent les évolutions de version et leurs coûts induits», déduit-il. La facilité d'accès aux applications, le plus souvent via un simple navigateur web, fait également partie des bénéfices les plus fréquemment avancés par les entreprises interrogées par Markess International.«Pour les collaborateurs nomades ou ceux qui se trouvent en situation de télétravail, pouvoir accéder à distance aux données est un atout indéniable du SaaS», indique Emmanuelle Olivié-Paul, directrice associée du cabinet Markess International.

Par ailleurs, le SaaS réduit sensiblement les délais de déploiement des applications. «Les solutions SaaS engendrent, en effet, des économies de temps considérables dans les phases de paramétrage et d'intégration technique», souligne Olivier Novasque, expert SaaS chez l'éditeur Side-trade et président de la commission SaaS de l'Association française des éditeurs de logiciels (Afdel). Une autre raison du succès du SaaS? La valeur ajoutée supplémentaire amenée par ces solutions. «Alors que beaucoup d'entreprises se plaignent du faible taux d'utilisation des applications déployées, les offres SaaS permettent d'en tirer un meilleur parti, grâce notamment à une ergonomie simplifiée», souligne Jamal Labed (Staff&Line). En outre, les éditeurs de solutions SaaS proposent fréquemment des fonctionnalités supplémentaires, comme l'envoi d'alertes qui donnent l'occasion aux entreprises de mieux exploiter, sans investissements coûteux, les données contenues dans les applications.

Enfin, le mode SaaS entraîne une implication plus forte et plus permanente des éditeurs dans leur relation avec les donneurs d'ordres. «De fournisseur ponctuel présent dans les phases commerciales, parfois dans celles d'implémentation et de maintenance, l'éditeur se mue en prestataire de services responsable, tenu par des engagements de qualité, de disponibilité, de sécurité et d'évolution du produit dans le temps», explique Jamal Labed (Staff&Line).

Témoignage
«Un logiciel en mode SaaS permet de gérer nos processus informatiques depuis un simple navigateur web»


Depuis mars 2009, bioMérieux utilise EasyVista.com, la solution logicielle intégrée en mode SaaS de l'éditeur Staff&Line. «Cet outil, disponible depuis notre navigateur internet, nous a permis d'unifier les processus des centres informatiques de bioMérieux, en France et aux Etats-Unis. La gestion des incidents intervenant sur les systèmes d'information fait partie des différents processus gérés par EasyVista.com», indique David Lafay, chef de projet systèmes d'information chez bioMérieux. Ce dernier a lancé, en 2008, un appel d'offres que Staff&Line a remporté. «Parmi les critères de choix figurait l'adéquation entre la solution EasyVista.com et notre cahier des charges», précise David Lafay. Le modèle SaaS permettait ainsi de focaliser tous les efforts sur les cas d'utilisation attendus et non pas sur la technologie. Face à tous ces avantages, il existe quelques inconvénients. «Il est impossible de procéder à des développements spécifiques au niveau de cette solution. Autre exemple: notre support informatique est dépendant des équipes de Staff&Line, pour la gestion des environnements du logiciel, exclusivement effectuée par EasyVista.corn», souligne David Lafay. BioMérieux espère prochainement pouvoir intégrer à la solution EasyVista la mise en oeuvre du traitement des e-mails entrants, au travers d'un automatisme géré par EasyVista.com.

David Lafay, chef de projet systèmes d'information, bioMérieux

David Lafay, chef de projet systèmes d'information, bioMérieux

bioMérieux


ACTIVITE
Société spécialisée dans le secteur du diagnostic in vitro


CHIFFRE D AFFAIRES 2008
1,111 milliard d'euros


EFFECTIF
6000 salariés

Une multitude d'acteurs

Selon Markess International, les perspectives de croissance du marché du SaaS dans l'Hexagone, qui devrait atteindre 2 milliards d'euros de revenus en 2010, ce qui représente une augmentation annuelle moyenne de 14%, soulèvent l'intérêt croissant des acteurs du marché des logiciels et des services informatiques. Près de 38% des entreprises clientes interrogées s'adressent à des éditeurs de logiciels, 30% font appel aux pure players et 19% aux SSII/intégrateurs informatiques. D'autres acteurs comme les opérateurs de services, les hébergeurs, les sociétés d'infogérance et les opérateurs télécoms ont également été cités par les 113 organisations consultées déjà adeptes du mode SaaS. Ce dernier apporte donc des perspectives intéressantes, synonymes d'opportunités de développement pour les entreprises. «A n'en pas douter, nous devrions rapidement assister à des déploiements significatifs au sein des entreprises, qui viendront attester de la pertinence de ce modèle associant données technologiques et financières», conclut Franck Burrato (ESDI).

Emmanuelle Olivié-Paul, Markess International

«Pour les collaborateurs nomades, pouvoir accéder à distance aux données est un atout indéniable du SaaS.»