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Achats durables: une com' à peaufiner

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Si beaucoup d'entreprises mondiales font référence, dans leur communication externe, à leur politique en matière d'achats responsables, leurs stratégies sont peux détaillées, comme le constate une étude de l'Orse et d'EcoVadis.

Si 95 % des grands groupes internationaux évoquent les achats responsables dans leurs documents officiels (rapport d'activité, rapport développement durable, site internet, etc.), peu communiquent réellement sur le sujet. C'est ce que révèle «L'Etude sur le reporting des grands groupes inter nationaux en matière d'achats responsables», réalisée par l'Observatoire sur la responsabilité sociétale des entreprises (Orse) et EcoVadis, qui vient d'être publiée Etude réalisée auprès de 125 entreprises dans le monde, appartenant au Global 500 et réparties dans huit secteurs d'activité. « Les entreprises font beaucoup d'efforts pour mettre en place des politiques d'achats plus responsables. Mais il est regrettable qu'elles communiquent peu sur ces sujets ou encore qu'elles manquent d'indicateurs et d'objectif chiffrés, indique Marie- Line Daudin, responsable du Club achats et développement durable de l'Orse. Il est par ailleurs frappant de constater que si les entreprises européennes sont celles qui communiquent le plus en moyenne, les «best in class» sont américaines. »

Environnement, social et éthique

Les thématiques abordées dans la communication externe de ces structures sont l'environnement, les problématiques sociales et l'éthique. « Il existe de fortes disparités selon l'origine géographique des entreprises. Ainsi, l ' é thique des affaires est plus abordée aux Etats-Unis qu'en Europe ou en Asie », reprend Marie-Line Daudin. S'il est com munément admis qu'une politique d'achats responsables pérenne nécessite de se fixer des objectifs à moyen et à long termes, l'étude montre que seule une société sur deux communique sur ces objectifs, de moyens ou de résultats.

Par ailleurs, il apparaît que les organisations communiquent sur l'augmentation du nombre de fournisseurs évalués en matière de RSE (responsabilité sociale des entreprises) - 20 % du panel, à l'image d'ABB, Alcatel-Lucent, EDF ou Volvo -, la réduction des émissions de CO2 (12 % du panel, dont Mc Donald's, Microsoft, Vodafone, WalMart), la rédaction d'une charte ou d'un code de bonne conduite RSE (8 % du panel, comme Fiat, Heineken, Peugeot ou Sodexo), et la formation et la sensibilisation des fournisseurs (7 % du panel, tels qu'Apple, Dell, Ford ou Volkswagen). Fait notoire: à l'exception d'une entreprise (Axa), aucune organisation ne communique sur les objectifs des acheteurs en rapport avec les problématiques de développement durable et d'achats responsables.

ZOOM - Un Observatoire des achats responsables voit le jour

La Cdaf (Compagnie des dirigeants et des acheteurs de France) et le Service des achats de l'Etat (SAE) viennent de lancer un Observatoire des achats responsables ( Obsar), une association loi 1901, en collaboration avec A2 Consulting et Mazars. « L'objectif de ce think tank est de créer un cadre privilégié de connaissances, d'échanges et d'approfondissement des bonnes pratiques en matière d'achats responsables, explique Alain Chatenet, le délégué général de l'Obsar. Il vise à mettre à la disposition de ses adhérents des indicateurs de mesure et d'évolution des pratiques métiers en matière d'achats responsables et de favoriser également les rencontres entre toutes les parties prenantes à ce type de projet. » Parmi ses premières actions, l'Obsar s'investit aux côtés de l'Afnor dans la déclinaison opérationnelle de la nouvelle norme ISO 26 000 dans le processus achats.

Mot clés : Politique

Sébastien de Boisfleury