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A la loupe. Le vert trace sa voie dans les voyages d'affaires

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Tous les acteurs du voyage sont désormais concernés par les problématiques environnementales. Compagnies ferroviaires ou aériennes, groupes hôteliers... chacun, à sa manière, tente de se mettre au diapason de l'écologie.

 

La compagnie aérienne SAS a testé de nouvelles mesures pour réduire l'impact de son activité sur l'environnement, à commencer par des procédures d'atterrissage permettant d'économiser plus de 100 kg de carburant par vol.

L'histoire est insolite mais vraie. Début 2010, la compagnie aérienne scandinave SAS se trouve en mauvaise posture, la faute à une crise économique touchant de plein fouet le secteur. Pour limiter ses coûts, le transporteur va jusqu'à réduire le salaire de ses pilotes de 10 à 20 %. Les différentes mesures prises ne suffisant pas à la tirer d'affaire, SAS décide d'appliquer une nouvelle mesure des plus originales: l'atterrissage écologique. Le concept est simple et ne fait que jouer sur les grands principes de vol d'un aéronef: éteindre les moteurs au moment de l'approche (la dernière ligne droite avant l'atterrissage), planer grâce à un guidage satellite et rallumer les réacteurs au dernier moment (juste avant de toucher la piste). Une idée qui, selon la compagnie, permet d'économiser 100 kg de carburant par vol, tout en réduisant, au passage, les émissions de carbone. Bien entendu, l'engagement en faveur de l'écologie peut aussi se jouer de manière plus conventionnelle. Ce n'est plus nouveau, les entreprises se soucient de l'environnement. Les études et autres rapports des différents acteurs du voyage d'affaires, qui se succèdent chaque jour, ne cessent de mettre en avant cette réalité.

Mais il n'y a pas qu'elles. L'enjeu du développement durable dépasse allégrement les frontières de l'entreprise et touche désormais l'ensemble des maillons de la chaîne. C'est ainsi que les prestataires, de leur côté, veulent maintenant faire valoir la green- attitude et se penchent attentivement sur cet aspect pour se mettre au diapason de l'écologie.

Le secteur aérien sur le bon chemin

Longtemps montré du doigt et principal acteur concerné par ce chapitre vert, le transport aérien tente aujourd'hui de faire bonne figure. «Nous menons, depuis plus de deux ans, des actions pour limiter et même réduire notre impact sur l'environnement», assure Giovanni Bisignani, directeur général de l'International air transport association (Iata). Mieux, le bilan vert qu'il dresse pour l'aérien se veut des plus optimistes. «En quelques années, la réduction des nuisances sonores de 75 %, l'élimination des émissions de suie et l'amélioration du rendement du fuel de 70 % ont fait de l'industrie du transport aérien l'une des plus au point en termes de progrès environnementaux», affirme-t-il. Mais la partie n'est pas évidente. En effet, l'objectif des compagnies aériennes est de taille: économiser, d'ici à 2012, plus de 35 millions de tonnes de CO2. «Nous sommes sur le bon chemin », assure le directeur général de l'Iata. Si les technologies représentent un aspect majeur de l'évolution d'un transport aérien plus propre, les compagnies aériennes ont également leur rôle à jouer. Air France, par exemple, a effectué le premier vol vert transatlantique le 6 avril 2010, entre Paris et Miami. Une ligne réalisée pour l'occasion en Boeing 747-400ER. «L'objectif de ce vol était de réduire drastiquement l'impact sur l'environnement grâce à un ensemble de mesures, du roulage à l'atterrissage, en passant par toutes les phases de vol: diminution du temps de roulage au sol, montée constante, choix continu de l'altitude et delà vitesse optimale en croisière, descente régulière... », explique Pierre-Henri Gourgeon, le patron d'Air France.

Selon la plupart des chaînes hôtelières, les politiques voyages des entreprises intègrent désormais des critères de référencement liés au développement durable.

Des économies de kérosène

En suivant l'initiative mise en place entre l'Europe et les Etats-Unis, encourageant les transporteurs aériens à utiliser les dernières technologies afin de réduire les émissions de carbone, la compagnie a ainsi pu économiser près de trois tonnes de kérosène sur ce vol de moins de dix heures et réduire ses émissions de CO2 de près de neuf tonnes. Pour le p-dg d'Air France, ces procédures «pourraient faire économiser 43 000 tonnes de kérosène et 135000 tonnes de C02 chaque année si elles étaient appliquées sur les seuls vols long- courriers entre la France et le continent américain. » Autant dire qu'à l'échelle de l'ensemble des compagnies, toutes routes confondues, l'enjeu est conséquent. Quant aux recherches sur de nouveaux carburants, elles se multiplient, de même que les annonces de compagnies, comme Virgin Atlantic qui fait voler l'un de ses avions aux huiles végétales.

Dans le secteur de l'aérien, les mesures ne s'arrêtent pas là. Les nouvelles technologies représentent un autre pilier majeur de cette stratégie d'amélioration: les avionneurs mettent au point des appareils de plus I en plus efficaces, comme Airbus avec ses A380 et I A350, et Boeing avec son 787 Dreamliner. Ces avions permettent de faire passer la consommation moyenne par passager à environ trois litres I aux 100 kilomètres. Les motoristes jouent égale I ment leur rôle en «proposant aux avionneurs des moteurs de nouvelles générations répondant à leurs besoins en termes d'efficacité, estime le p-dg de Snecma, Philippe Petitcolin. Le successeur du CFM 56, actuellement le plus répandu sur les avions de type A320 et B737 qui composent les flottes des compagnies low cost notamment, émettra 60 % de dioxyde d'azote en moins et affichera une consommation inférieure déplus de 15 % à celles de son prédécesseur. »

zoom Les patrons ne montrent pas l'exemple

Contrôle des dépenses et écologie ne sont pas si incompatibles que cela. Si la réduction des coûts s'est imposée en 2009 comme la priorité des entreprises en matière de voyages d'affaires, pour autant, les initiatives de responsabilité sociale (RSE) et les programmes liés au développement durable n'ont pas été oubliés. Toutefois, selon KDS et Acte (Association of corporate travel executives), auteurs d'une étude annuelle sur les comportements des voyageurs d'affaires, les patrons ne sont pas les meilleurs élèves en matière de voyage durable.
Près de 45 % des 327 voyageurs interrogés entre décembre 2009 et janvier 2010 confesse ainsi que leurs dirigeants montrent le mauvais exemple lors de leurs propres déplacements. En France, par exemple, seul un tiers de ces voyageurs estime que leurs patrons font figure de bons élèves dans ce domaine. L'enquête souligne que près des deux tiers des sondés ont vu leur employeur réduire le nombre de voyages d'affaires au cours de l'année 2009. Pour 20 % du panel, cette réduction des déplacements dans leur organisation visait non seulement à réduire les coûts, mais également à atteindre les objectifs de développement durable.

Des voyageurs toujours plus exigeants

L'hôtellerie, pour sa part, n'est pas en reste. Elle aussi se met au vert. Il faut dire que «l'hôtellerie est aux premières loges dans l ' éco-responsabilité. Ses démarches initiées pour prendre soin de la planète apparaissent comme une évidence», selon le rapport annuel sur l'hôtellerie de Coach Omnium. «La clientèle se montre déplus en plus exigeante en matière d'environnement, et aujourd'hui, les politiques voyages intègrent souvent un critère de développement durable au niveau des choix d' établissements», constate Charline Bergeron, responsable du développement durable chez Best Western. Les chaînes et groupes hôteliers, quelle que soit leur gamme, s'attachent donc à cet aspect. Chez B&B Hôtels, la démarche passe par la labellisation La Clef Verte de ses établissements. Près de 150 ont déjà obtenu le sésame. Tant au niveau du siège social que des hôtels du groupe, «l'engagement se traduit par de nombreux gestes au quotidien», explique-t-on au sein de la société. Cet investissement constant est nécessaire pour obtenir La Clef Verte, puisque ce label, plébiscité par plusieurs groupes hôteliers, implique l'examen de critères précis: la politique environnementale de l'hôtel et de ses fournisseurs sur les deux années à venir ; la gestion de l'eau via l'équipement des locaux en robinets économiseurs, l'arrosage raisonné et le relevé régulier des compteurs ; la gestion de l'énergie à travers l'utilisation d'ampoules à économie d'énergie, l'isolation ou encore l'utilisation d'énergies renouvelables ; la maîtrise des déchets par la collecte sélective, l'absence de vaisselle jetable, la réduction des volumes à la source ; l'éducation à l'environnement des collaborateurs par des réunions d'information, notes de services, etc. ; et, bien entendu, l'information de la clientèle par des encouragements à respecter la nature, l'énergie et à trier les déchets.

Au niveau du transport ferroviaire, les évolutions sont d'un autre ordre. Les entreprises du secteur comme la SNCF s'attachent en interne à améliorer l'aspect du développement durable. Au niveau de l'offre aux voyageurs, les mesures sont plus discrètes. Depuis octobre 2009, la SNCF fait figurer sur ses billets TGV et Téoz la quantité d'émissions correspondant au voyage. Mais la compagnie a encore d'autres ambitions: «Nous voulons développer la plus-value environnementale du transport ferroviaire», indique Guillaume Pepy, à la tête de l'entreprise. Pour cela, un milliard d'euros va être investi, notamment pour développer le fret ferroviaire. Somme à laquelle l'Etat ajoutera sept milliards, dans le cadre du schéma directeur pour un nouveau transport écologique de marchandises. Avec l'Eurostar, la SNCF va plus loin dans la réduction des gaz à effet de serre. L'opérateur s'est fixé pour objectif de diminuer ses émissions de CO2 de 25 % par voyageur et par trajet, et ce d'ici à 2012.

zoom Crowne Plaza ouvre un hôtel écologique à Copenhague

InterContinental Hotels Group (IHG) se soucie de l'environnement et ne fait pas les choses à moitié. Au cours de l'hiver 2010, le groupe hôtelier a ouvert à Copenhague l'un des hôtels haut de gamme les plus écologiques au monde, le Crowne Plaza Copenhagen Towers. Ce dernier a déjà obtenu les certifications Green Building de l'Union européenne, ainsi que la Clef verte. L'établissement en a profité pour adhérer au Pacte mondial des Nations unies. Mais ce n'est pas tout: le bâtiment est en voie de devenir neutre en CO2. Une possibilité engendrée par la mise en place de technologies respectueuses de l'environnement dans tout 'hôtel, notamment un système de climatisation et de chauffage par eau souterraine qui doit réduire de 90 % la quantité d'énergie utilisée pour chauffer et climatiser le bâtiment ; des éclairages et sèche-mains basse consommation ; un parc de panneaux solaires intégrés à l'immeuble et qui constitue, grâce à sa couverture de l'ensemble des façades de l'hôtel exposées au soleil, le plus grand du genre en Europe.
Avec ses 85 mètres de hauteur, le Crowne Plaza de Copenhague offre à ses 366 chambres des vues sur la ville et la région. Idéal pour les voyages d'affaires, il est situé à quelques minutes de l'aéroport, et dispose de connexions directes sur l'autoroute, le métro et le réseau ferroviaire régional. Il propose également un espace de conférence de 3 500 m², 12 salles de réunions et une salle de bal capable de recevoir 800 personnes.