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A la loupe Eclairage: l'avenir est-il aux leds?

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L'éclairage des entreprises est soumis à des contraintes environnementales et écologiques. La led, technologie d'avenir, apparaît comme une solution prometteuse. Mais qu'en est-il vraiment? Quelles règles doivent respecter les entreprises? Enquête.

Plus de 80 % des installations d éclairage de bureaux sont composées de lampes et luminaires énergivores et obsolètes, selon les chiffres du Syndicat de l'éclairage. Sachant que rénover ces installations engendrerait une réduction de 50 à 70 % des consommations d'énergie, de plus en plus d'entreprises s'engagent sur cette voie. Les contraintes budgétaires et les pressions réglementaires, comme la RT 2012, étant souvent les éléments déclencheurs. Ainsi, une rénovation de l'éclairage tertiaire offrirait une économie globale de 750 Euros par m2 et par an. Et, si le taux annuel de rénovation dans le non-résidentiel passait de 3 % à 10 % l'économie serait de 36 TWh cumulés en 2020, soit la consommation d'un pays comme la Roumanie, d'après le Syndicat de l'éclairage. Si aujourd'hui le parc d'éclairage français fait figure de mauvais élève comparé à celui d'autres pays européens, plusieurs solutions ont été mises en place pour y remédier. Ainsi, les fabricants, les installateurs et les distributeurs ont pris l'engagement, dans le cadre d'une conventionConvention pour la réduction des consommations d'énergie liées à l'éclairage dans le secteur tertiaire. volontaire issue du Grenelle de l'environnement, d'arrêter la mise sur le marché, depuis juin 2011, de luminaires fluorescents équipés de ballasts énergivores. Seuls ceux équipés de ballasts à forte efficacité énergétique (A1 ou A2) seront commercialisés. Aujourd'hui, la norme EN 12464-1 qui définit les niveaux d'éclairement des zones prescrit 500 lux à maintenir pour les bureaux. Les lampes fluorescentes, sous forme tubulaire (T8 ou T5) ou compacte, sont recommandées pour l'éclairage des bureaux d'une part pour leur efficacité lumineuse élevée, au moins 65 lumens/wattL'efficacité lumineuse d'une source de lumière et l'efficacité lumineuse d'un luminaire sont exprimées en lumen par watt (le lumen est l'unité utilisée pour quantifier un flux lumineux). (lm/W) et d'autre part pour la qualité de lumière qu'elles délivrent. Les lampes fluorescentes fonctionnent grâce à des ballasts, auxiliaires d'alimentation situés dans le luminaire, qui ont une consommation propre. Aujourd'hui le ballast électronique s'impose. Notons qu'avec un ballast ferromagnétique traditionnel, un luminaire avec tube de 58 W consomme en fait 70 W, alors qu'il consomme seulement 55 W avec un ballast électronique. Par ailleurs, les ballasts électroniques doublent la durée de vie des lampes T8 et permettent la gestion de la lumière. Ainsi, selon les chiffres de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), l'installation d'un ballast électronique engendrerait près de 25 % d'économies et l'utilisation de luminaires avec alimentation électronique gradable couplés à une cellule de gestion de lumière du jour et une détection de présence générait environ 70 % économies.

La led, une solution pertinente dotée d'une grande capacité lumineuse

Quand on parle «d'éclairage intelligent», on parle également de led. Mais qu'en est-il? Une étude de l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) d'octobre 2010 a pointé du doigt les méfaits de certaines leds sur la santé des salariés. A savoir, la grande proportion de bleu dans la lumière blanche émise qui peut conduire à un stress toxique pour la rétine et la forte luminosité de ces produits, jusqu'à 1 000 fois supérieure à un éclairage classique, qui peut générer un éblouissement. Depuis, le rapport de mars 2012 du Scenihr, comité scientifique de la Commission européenne, a rassuré le marché sur ces risques. Pour le Syndicat de l'éclairage, «dans les conditions normales d'utilisation, les leds ne présentent pas de risque sanitaire particulier». Les fabricants tentent de rassurer les consommateurs, à l'instar de LucibelLes fabricants Dialight et Lucibel ne sont pas membres du Syndicat de l'éclairage. qui vient de faire certifier ses produits Powerlight, Lucipanel (dalles) et Downlight «sans risque photo-biologique» par le laboratoire allemand TUV. Ce certificat garantit aux utilisateurs de ces produits l'innocuité du faisceau lumineux sur tous les tissus humains (peau et yeux). Simple argument marketing? Actuellement, le marché de la led est en pleine expansion. Citons Samsung qui s'est lancé sur le créneau en janvier dernier. C'est un fait, les leds ont des caractéristiques spécifiques, comme le démontrent les chiffres avancés par les professionnels du secteur. Ainsi, certaines leds atteignent des efficacités lumineuses allant jusqu'à 250 lm/W. A titre de comparaison, l'efficacité lumineuse des lampes à incandescence est de l'ordre de 8 à 14 lm/W, celle des lampes halogènes de 12 à 30 lm/W, et celle des lampes fluorescentes de 50 à 100 lm/W. La durée de vie des systèmes à led varie de 15000 à 50000 heures selon les gammes de produits. Comparativement à un éclairage traditionnel fluorescent, cette longue durée de vie permet de limiter les opérations de relamping, donc de diminuer ses coûts de maintenance. «Si l'efficacité lumineuse des systèmes à leds de qualité est comparable à celle des systèmes fluorescents en éclairage intérieur, la facilité de gestion des premiers et la «malléabilité» de la lumière émise en font une solution très pertinente pour un nombre croissant d'usages», explique-t-on au Syndicat de l'éclairage. Cependant, le coût de cette technologie est un facteur important à prendre en compte. «Il est plus onéreux de s'équiper en leds», confirme Ludovic Leroy, responsable des ventes France de Dialight. Aujourd'hui, la technologie de la diode électroluminescente organique (oled)Oled: organic light-emitting diode est une alternative à la led. Cette dernière technologie présente l'avantage d'éclairer sur une plus grande surface mais l'inconvénient d'être encore trop coûteuse.

Romain Noyon, Noyon solutions logistiques

Romain Noyon, Noyon solutions logistiques

Témoignage

«Nous avons divisé par trois notre consommation d'électricité»
Des leds éclairent dorénavant les 4 000 m2 d'entrepôt de l'entreprise Noyon, spécialisée dans les solutions logistiques, à Mondeville près de Caen. «Nous avons un éclairage direct par le toit, mais une grande partie de l'entrepôt reste dans une zone sombre et est donc constamment allumée pendant les heures de travail», explique Romain Noyon, directeur de Noyon solutions logistiques qui a fait le choix de la technologie led. Un test de comparaison a été effectué avec des lampes à sodium. Au final, la société a retenu le modèle High Bay 150W de Dialight. «Un modèle qui semblait le plus proche de la lumière du jour. » Les luminaires à leds ne pouvant être installés à plus de 10 mètres de haut, l'entrepôt est équipé de leds sur la moitié de la surface, soit près de 2 000 m2. Ce qui représente 26 luminaires à leds. Un compteur régit la consommation des lampes à sodium, tandis qu'un autre régit celle des leds. «Cette installation a permis de diviser par trois notre consommation en kilowatt/heure», souligne Romain Noyon. Une ving-taine de collaborateurs de l'entreprise travaillent dans ces lieux de stockage. «Nos salariés ont pris l'habitude d'allumer et d'éteindre les leds comme chez eux. Elles apportent un meilleur confort delecture des étiquettes et des écrans tactiles», rapporte-t-il. L'entreprise a donc investi avec le soutien de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe). Ce projet a coûté près de 25 000 euros pour un temps de retour sur investissement estimé à sept ans.

Noyon solutions logistiques

ACTIVITÉ
Solutions logistiques
CHIFFRE D'AFFAIRES 2011 (GROUPE)
41 MEUROS
CHIFFRE D'AFFAIRES 2011
3MEUROS
EFFECTIF GROUPE 350 salariés
EFFECTIF 20 salariés
VOLUME D'ACHATS 2011 NC