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«Nous avons développé une approche plus stratégique»

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Début 2007, l'ANPE se dotait d'un département achats avec, à sa tête, Gérald Benchetrit. Un an après, ce dernier dresse un premier bilan de la mise en place d'une organisation achats et fait le tour des dossiers d'actualité, depuis la formation des acheteurs jusqu'au rapprochement annoncé avec les réseaux opérationnels de l'Unedic.

Le rapprochement entre l'ANPE et les réseaux opérationnels de l'Unedic est acte. Quelles sont les conséquences au niveau des achats?

GERALD BENCHETRIT: Le processus étant en cours, il m'est difficile de répondre. En l'état, nos deux organisations communiquent régulièrement. Elles abordent notamment les synergies possibles entre certains achats, lesquelles pourraient être sources d'économies. La flotte automobile est le premier marché concerné. Nous avons constitué, le 21 mars, un groupement de commandes pour la LLD de 800 véhicules.

Vous êtes issu du secteur privé. Quelles ont été vos premières impressions sur l'ANPE?

J'ai découvert une organisation très ouverte au changement. Avec le recul, cela s'inscrit plus globalement dans les gènes de l'Agence. Elle est en perpétuelle évolution, et ce depuis sa création il y a quarante ans: elle a su s'adapter aux différentes politiques de l'emploi. Les collaborateurs et les prescripteurs ont découvert un nouveau métier, les achats, dans cet esprit d'ouverture. En un an, nous sommes passés d'une approche métier, qui consistait à passer des marchés, à celle de l'acte de d'achats basé sur des stratégies.

Quels ont été les changements organisationnels pour l'Agence?

Les réflexions sur l'achat sont désormais menées en amont. Elles intègrent nos stratégies d'achats, qui supposent évidemment l'optimisation de la dépense, élément d'autant plus important que nous sommes garants de la bonne utilisation des deniers publics. Nous n'avons pas encore défini d'objectif chiffré de réduction des coûts. Mais nous pouvons déjà nous appuyer sur les résultats obtenus en 2007. Les directions métiers nous ont sollicités sur une centaine de grands appels d'offres. En travaillant sur la refonte des besoins et leur globalisation, en négociant, lorsque le code des marchés publics le permet, nous identifions des économies effectives d'une dizaine de pourcents quand une démarche achats complète a été mise en oeuvre. Cette dernière suppose également le suivi de la qualité et de la performance. Nous l'avons rendu effectif en procédant à une triple évaluation: celle du fournisseur, celle de la prestation achetée et, enfin, de la performance économique de l'achat.

Vous aviez ouvert plusieurs grands chantiers à votre arrivée. Un an après, quel bilan en dressez-vous?

Aujourd'hui, les achats sont en marche et les avancées sont irréversibles. Le premier chantier concernait la définition de la politique achats. Outre la réduction des dépenses, elle englobe plusieurs volets: la mise en place des principaux leviers achats (globalisation, approche du prix en coût complet, etc.), la maîtrise du risque juridique, l'engagement dans des achats responsables avec la rédaction d'un guide de l'achat durable et l'introduction de clauses sociales et environnementales, l'engagement éthique de l'acheteur et, enfin, le contrôle et le pilotage de la fonction achats. Dès le départ, cette politique a bénéficié du parrainage et du soutien sans faille de notre direction générale, ce qui est un élément déterminant à mes yeux. Un second chantier concernait la cartographie de nos achats. Cette dernière est aujourd'hui réalisée et nous avons identifié quatre grands pôles: le facility management et les travaux, les achats techniques, les achats de services englobant les services généraux et les prestations intellectuelles, dont la formation.

Cette professionnalisation passe également par la formation des acheteurs. Quel dispositif avez-vous prévu?

Nous avons annoncé lors de notre second séminaire achats, qui s'est tenu le 27 mars dernier, le lancement d'un cycle de formation «campus achats». Il proposera huit modules, qui concerneront aussi bien l'organisation et la gestion de la relation fournisseur que l'appréciation et la sélection des offres, la négociation, etc. Ces formations permettront d'homogénéiser les pratiques d'achats à tous les niveaux de l'Agence.

La communication est essentielle dans la mise en place d'une structure achats. Comment avez-vous procédé?

La communication s'organise autour de trois axes. Le premier concerne les séminaires achats, que nous organisons depuis 2007 Lors de la première édition, la politique achats de l'Agence, les processus achats mais également la nouvelle organisation des achats, ainsi que le rôle de l'acheteur ont été définis. En mars dernier, le second séminaire présentait le plan de formation au travers du campus achats, et le positionnement des acheteurs au sein des différentes organisations de l'ANPE. Le deuxième axe est la mise en place notre newsletter trimestrielle, baptisée «Act' achats», qui anime notre réseau d'une cinquantaine d'acheteurs. Elle reflète les événements importants dans le domaine des achats de l'Agence et permet l'échange de bonnes pratiques. Enfin, le troisième axe concerne le lancement d'un Intranet achats. Celui-ci a été mis en production récemment. Il capitalisera toute la documentation intéressant nos acheteurs: le guide interne et les outils, les détails du plan de formation et l'actualité des achats de l'ANPE.

Vous souhaitez impliquer les achats dans toute la vie du réseau national et régional de l'ANPE. Quelle est la perception des achats sur le terrain?

Si la mise en place des achats est très structurée, elle s'effectue de manière opérationnelle au service des prescripteurs et du réseau. Je souhaite que mon métier ne soit pas vécu comme une contrainte administrative, mais comme une organisation achats à réelle valeur ajoutée. Je veux que ceux qui nous sollicitent bénéficient de cet accompagnement opérationnel. Cela passe, par exemple, par la mise à disposition des outils permettant l'analyse des offres, par l'accompagnement dans la négociation avec les fournisseurs, etc. Cette approche nous a d'ailleurs valu des e-mails de remerciements mais aussi une vraie reconnaissance au sein de l'agence.

@ YVES DENOYELLE

Biographie

Gérald Benchetrit, 38 ans, a pris les rênes du nouveau département des achats de l'ANPE le 1er février 2007. Il a, auparavant, passé trois ans à la mission «achats-marchés» de la Ville de Paris, chargée de professionnaliser les achats de la municipalité. Diplômé de l'Ecole supérieure technique du bâtiment (ESTB), il a débuté sa carrière dans le secteur de l'automobile. D'abord au marketing et aux achats du groupe PSA, pendant neuf ans, où il avait notamment en charge l'identité visuelle du groupe. En 2000, il a ensuite pris la responsabilité des pôles d'achats médias, télécoms et informatique du groupe Volkswagen.

«Je souhaite que mon métier ne soit pas vécu comme une contrainte administrative. »

«Je souhaite que mon métier ne soit pas vécu comme une contrainte administrative. »

L'agence

ANPE
BUDGET 2007
2,2 milliards d'euros
MONTANT DES ACHATS 2007
900 millions d'euros
FAMILLES D'ACHATS
- Prestations pour l'accompagnement des demandeurs d'emploi: 550 MEuros
- Informatique: 120 MEuros
- Travaux: 70 MEuros
- Services: 30 MEuros
EFFECTIF ACHATS
46 personnes