Décision Achats - Le guide N°4 - 01/01/2011 -
A - Historique de la fonction achats dans les entreprises
La fonction achats n'est véritablement reconnue dans les entreprises que depuis trente ans. Dans un contexte de pression concurrentielle accrue et de passage d'une économie de production, avec des forts volumes de vente, à une économie globalisée, les organisations se sont concentrées de plus en plus sur leurs marges. Les prix de vente ne pouvant croître indéfiniment, les achats se sont alors présentés comme la fonction la plus efficiente pour préserver et améliorer les marges des entreprises. Il est communément admis que les achats représentent en moyenne 60 % du chiffre d'affaires dans les entreprises européennes. Réussir à abaisser leurs coûts se ressent donc automatiquement dans leur marge bénéficiaire.
A - 1. Le temps des approvisionneurs
La fonction achats s'est développée en plusieurs étapes, d'abord dans l'industrie, puis dans le tertiaire. La première étape, assez administrative, a consisté à créer des postes spécialisés dans le suivi des approvisionnements. Ces «approvisionneurs», encore présents aujourd'hui, se doivent notamment de connaître les termes des contrats passés avec les fournisseurs, mais il ne leur appartient pas généralement de les référencer. Ce n'est que dans un deuxième temps que la fonction achats, telle qu'on l'entend aujourd'hui, a pris son envol. L'acheteur est devenu celui qui recherche les fournisseurs susceptibles de répondre aux besoins de l'entreprise en termes de qualité, de coûts et de délais. Il passe les appels d'offres et négocie les contrats en lieu et place des prescripteurs internes.
A - 2. La professionnalisation des achats
A partir de la fin des années quatre-vingt-dix, le métier d'acheteur connaît une professionnalisation accrue Grâce à la démocratisation d'Internet, de nouveaux outils apparaissent: l'e-procurement et surtout l'e-sourcing révolutionnent le métier en termes d'organisation et de moyens. L'acheteur devient un cost killer, une image négative dont il mettra plusieurs années à se défaire. Au milieu des années 2000, le métier s'anoblit. Dans un contexte économique difficile, l'acheteur est celui qui permet à l'entreprise de conserver ses marges, de nouer des partenariats stratégiques avec des fournisseurs et de rechercher l'innovation. Enfin, il est dernièrement celui qui contribue à la bonne image de l'entreprise à travers le développement d'une politique d'achats durables.
A - 3. Des familles d'achats à conquérir
L'historique de la fonction achats montre une prise de contrôle progressive par celle-ci des différentes dépenses de l'entreprise, souvent en conflit d'abord avec les prescripteurs internes habituellement maîtres de leurs dépenses, puis en partenariat avec eux. Cependant, toutes les familles d'achats ne sont pas encore sous le contrôle de la fonction, notamment dans l'univers des achats hors production (ressources humaines, marketing, communication, etc.). L'évolution se poursuit donc dans cette direction même si les acheteurs doivent faire face à de grandes résistances en interne et à l'incompréhension de certains fournisseurs.
B - Les organisations achats dans les entreprises
B - 1. Les organisations achats centralisées
Dans le cadre d'une organisation centralisée, les achats sont gérés par une direction unique. Celle-ci peut être rattachée à la direction générale de l'entreprise, ce qui témoigne du caractère stratégique de la fonction, ou à une autre direction, le plus souvent la direction administrative et financière. Au fur et à mesure de la professionnalisation des achats, les acheteurs aspirent bien évidemment à davantage d'indépendance. Le rattachement à la direction générale est souvent le signe d'une certaine maturité de la fonction tandis qu'être sous l'autorité de la direction financière montre que la stratégie achats de l'entreprise porte avant tout sur les réductions de coûts et moins sur la recherche de la qualité et de l'innovation
Une direction achats centralisée gère à la fois les achats de production et les achats hors production. Les collaborateurs peuvent être répartis par familles d'achats, configuration la plus classique. Certaines organisations préfèrent raisonner en mode projet, avec des acheteurs polyvalents. A noter que certaines directions peuvent aussi couvrir d'autres domaines que les achats, comme les services généraux ou la logistique.
B - 2. Les organisations achats décentralisées
Dans le cadre d'une organisation décentralisée, les achats sont directement rattachés à la direction d'une business unit. Ce type d'organisation est plus fréquent dans l'industrie. Loin des fonctions centrales, les achats n'en sont pas moins stratégiques au sein de leur business unit puisque les équipes sont essentiellement focalisées sur les achats de production. Un même groupe peut donc posséder plusieurs directions achats, sans qu'il y ait nécessairement un lien entre elles. Autre cas de figure: des achats de production gérés en local mais des achats hors production centralisés au niveau du siège social.
Enfin, certains grands groupes ont mis en place une direction de la coordination des achats qui, comme son nom l'indique, coordonne les achats des business units sur un certain nombre de projets pouvant être menés en commun.

© STUDIO GEO
Pierre Pelouzet, président de la Compagnie des dirigeants et acheteurs de France (Cdaf)
Les directions achats ont-elle été autant sous pression en 2010 qu'en 2009?
Notre économie vit une période difficile. Les directions générales et financières ont logiquement continué de demander aux acheteurs de maîtriser les coûts. La fonction est donc toujours sous pression. Mais c'est aussi très positif car c'est le signe que notre métier est de plus en plus reconnu dans les organisations. Le tout est de ne pas tomber dans la caricature de la réduction des coûts, c'est-à-dire le cost killing dont tout le monde connaît aujourd'hui les limites.
Les acheteurs sont-ils allés trop loin dans la réduction des coûts?
Non. Je pense que la profession a beaucoup mûri et que les acheteurs possèdent suffisamment d'éléments pour démontrer à leur direction générale les méfaits d'une stratégie achats à court terme. De plus en plus de directions achats raisonnent désormais en coût complet, cherchent à établir des relations partenariales avec leurs fournisseurs stratégiques, essaient d'intégrer des critères d'achats durables et responsables dans leurs appels d'offres, etc.
2010 est une année importante pour la Cdaf, avec le lancement d'une charte de bonne conduite au ministère de l'Economie ou encore la création de l'association Pacte PME...
Le métier d'acheteur est de plus en plus reconnu dans les entreprises. Il était donc logique qu'il le soit par les pouvoirs publics. L'image des acheteurs était très négative dans l'esprit de nos dirigeants et nous avons bataillé ferme pour la réhabiliter. Aujourd'hui, nous devenons peu à peu un interlocuteur crédible auprès des pouvoirs publics. Le challenge est de continuer à être présent et de faire entendre la voix des acheteurs.
L'intervention de certaines hautes personnalités n'a pas valorisé l'image des acheteurs. N'est-ce pas regrettable?
Pas du tout. Ce genre d'intervention permet de dénoncer les mauvaises pratiques ou l'attitude irresponsable de certaines entreprises. L'immense majorité des acheteurs travaillent dans le respect des règles et des rapports humains. Mais vous aurez toujours une petite frange, dont le comportement n'est pas acceptable, et qui fera souvent la une de l'actualité. Une raison supplémentaire de la dénoncer. Même si, personnellement, mon objectif est de m'inscrire dans une communication positive et de démontrer toute la valeur ajoutée des achats dans les organisations.
A - Portrait-robot de l'acheteur d'aujourd'hui
La fonction achats s'est fortement professionnalisée et s'est aussi en partie féminisée depuis dix ans. Aujourd'hui, les acheteurs ont généralement un niveau bac + 5. Et ils sont recrutés dès leur sortie de l'école car leur profil est particulièrement recherché. Les achats s'internationalisent et les entreprises ont besoin de collaborateurs polyvalents, venant d'horizons divers, bons communicants et maîtrisant la langue anglaise. Cependant, tous les acheteurs n'exercent pas dans des situations complexes ou internationales et certains postes requièrent un niveau bac + 2 ou 3.
Pour ce qui est des profils, il convient de distinguer les responsables achats des acheteurs. Pour les premiers, le management d'équipe, la vision stratégique et la capacité à négocier en interne sont les premières compétences. Quant aux seconds, ils disposent de compétences spécialisées en matière de marchés et de négociations.
Il faut également différencier les acheteurs selon la taille de l'entreprise. Dans les grands comptes, l'acheteur fait partie d'un service très structuré, sa responsabilité est beaucoup mieux définie et il est spécialisé sur une activité, un métier. Dans une moyenne entreprise, il lui est déjà confié plus de responsabilités. Dans une TPE, il est multitâche.
Par ailleurs, l'acheteur est un connaisseur de plus en plus fin des outils informatiques dédiés à sa fonction, une part de la valeur ajoutée de l'achat étant de produire. des tableaux de bord, des ratios et d'informatiser les procédures. Enfin, du fait de son travail en binôme avec l'opérationnel, technicien du produit à acheter, c'est un homme de réseau qui garde le contact avec ses clients internes.
B - Les différentes fonctions dans les achats
Il existe de nombreuses fonctions dans le domaine des achats. Dans les entreprises, on peut néanmoins distinguer deux grandes familles: les acheteurs de production et les acheteurs hors production.
De leur côté, les acheteurs dans la grande distribution représentent une famille à part entière. C'est également le cas dans la sphère publique où la fonction est en train de se professionnaliser.
Historiquement, les acheteurs de production sont apparus les premiers dans les organisations. Les achats de production étant considérés comme stratégiques, les acheteurs industriels jouissent d'un certain statut au sein des directions achats. La fonction évoluant rapidement, de nouveaux titres sont apparus. L'importance grandissante des pays à bas coûts dans les stratégies achats a, par exemple, provoqué l'émergence de responsables du sourcing international. La montée en puissance de la notion de qualité a eu pour conséquence la naissance de la fonction de responsable de la qualité achats. Des juristes spécialisés dans les achats ont également fait leur apparition.
Les acheteurs hors production, pour leur part, occupent une place de plus en plus importante dans les organisations achats. Les entreprises se sont en effet rendu compte qu'il existait un potentiel d'économies substantielles dans des familles d'achats qui n'avait jamais été décelé jusqu'à présent.
Au sommet de l'organisation, le directeur achats est chargé de manager toute la fonction et de faire l'interface avec la direction générale ou le directeur de la production.
C - La formation achats
Qu'elle soit initiale ou continue, la formation a vu son offre se développer fortement ces dernières années parallèlement à la montée en puissance de la fonction dans les entreprises. Les 3es cycles de type master ou mastère spécialisé, après une école d'ingénieurs ou de commerce, sont les diplômes les plus recherchés par les recruteurs. Les masters, qui correspondent peu ou prou aux anciens DESS universitaires, sont des diplômes délivrés au nom de l'Etat.
Les mastères spécialisés (MS), quant à eux, sont des formations reconnues par l'Etat et ayant reçu le label de la Conférence des grandes écoles, une association regroupant un certain nombre d'établissements d'enseignement supérieur. Aujourd'hui, il existe une trentaine de diplômes de ce type. En revanche, le nombre de MBA (Master Business Administration) spécialisés achats se comptent sur les doigts d une main. Destinés aux cadres de haut niveau, ils n'en restent pas moins des formations très réputées.
A noter qu'il existe également des licences professionnelles spécialisées dans les achats, encore peu connues des professionnels en poste, mais qui tendent à se développer.
L'acte d'achat est le résultat de plusieurs tâches opérationnelles exécutées de façon chronologique. Le processus achats peut se décomposer en six phases essentielles : la définition du besoin, la recherche de fournisseurs, le lancement d'appel d'offres, l'analyse des offres, la négociation et la contractualisation. Chaque phase doit être abordée avec rigueur et méthodologie. Tout au long de ce processus, l'acheteur se doit d'être à l'écoute de ses prescripteurs internes afin de cerner leurs besoins. Il doit également suivre et gérer de manière efficace les relations avec ses fournisseurs e anticiper les éventuels risques.
A - La définition du besoin
Cette première étape revient à définir correctement le produit ou le service que l'on veut acheter, en adéquation avec les besoins de l'entreprise. La rédaction d'un cahier des charges permet de spécifier les attentes vis-à-vis de ce produit ou de ce service. Le cahier des charges est rédigé soit de façon détaillée, soit de façon fonctionnelle. Dans le premier cas, les fournisseurs se contentent d'y répondre point par point. Dans le second cas, le donneur d'ordres fait appel à leur capacité à proposer des solutions.
Plusieurs rubriques peuvent apparaître dans le cahier des charges. Le contexte de l'achat permet aux fournisseurs d'avoir une vision claire de l'enjeu. Une description des caractéristiques du produit ou du service doit y figurer. Le cahier des charges précise aussi les conditions commerciales (coût, objectif, conditions de règlement devise de facturation, etc.) et indique les critères que doivent remplir les fournisseurs pour répondre à l'appel d'offres, ceci dans le but de mieux gérer les risques Plus les termes du cahier des charges sont précis et couvrent tous les problèmes susceptibles de se poser plus les risques sont réduits.
Les prescripteurs internes concernés doivent être associés à la rédaction de ce cahier des charges. Ce qui est par ailleurs une bonne occasion d'améliorer la communication interne. L'acheteur doit se poser la question du juste besoin. Le client interne a-t-il défin un besoin juste? Y a-t-il un risque de sur-qualité, qui se traduit par des coûts élevés et inutiles? Si tel est le cas, l'acheteur doit travailler avec son prescripteur in terne afin de mieux définir le besoin, sans accepte des exigences exagérées et motivées par une attente de sécurité absolue.
B - La recherche de fournisseurs
A cette étape du processus achats, deux hypothèses sont possibles. Dans la première, les fournisseurs pouvant répondre aux besoins font déjà partie du panel de l'entreprise. Dans ce cas, ils sont connus, évalués et les risques sont maîtrisés. Dans la seconde hypothèse, le besoin a évolué et il faut rechercher de nouveaux fournisseurs. Dans ce cas, il faut employer des méthodes de sourcing et d'homologation des nouveaux fournisseurs.
Le sourcing se déroule en trois grandes étapes :
- La première consiste à rechercher des données macroéconomiques. Cette recherche est caractérisée par l'identification d'une zone géographique à explorer, par la qualité du produit (ou du service) à partir de la définition d'objectifs opérationnels et, enfin, par le produit (ou le service) lui-même. Tous ces aspects doivent être croisés et permettront l'identification des fournisseurs potentiels par pays.
- La deuxième étape est la collecte d'informations. Les fournisseurs potentiels sont contactés et répondent à des demandes d'information (Request for Information - RFI). Si le sourcing est international, les ambassades à l'étranger ainsi que les douanes peuvent apporter des informations sur les produits des fournisseurs.
- La troisième étape est la réalisation d'une cartographie à partir de toutes ces informations. Mais ce travail peut se révéler extrêmement long et délicat.
Une fois les fournisseurs ciblés, il faut les homologuer avant de pouvoir les consulter. L'homologation passe par des RFI complémentaires et des audits des fournisseurs. Le but de cette homologation est de minimiser les risques financiers, les risques de fiabilité technique ou les capacités logistiques.
C - L'appel d'offres
C - 1. L'équipe projet
Dans une démarche traditionnelle d'appel d'offres, il convient de déterminer quels collaborateurs auront la responsabilité du lancement. Selon les situations, cette équipe est composée différemment. Dans le cas d'une organisation achats centralisée, l'acheteur spécialisé concerné par le produit ou le service lance l'appel d'offres. Dans le cadre d'une organisation décentralisée forte, l'appel d'offres sera mené par l'acheteur leader. Dans le cas d'achats non stratégiques délégués aux utilisateurs, l'appel d'offres peut rester sous leur responsabilité.
C - 2. Les documents à fournir
Plusieurs documents constituent le dossier d'un appel d'offres
- une lettre d'introduction qui présente le contexte de la consultation et les objectifs visés;
- un accusé réception que doivent retourner les fournisseurs;
- un guide de l'appel d'offres qui donne les principes particuliers régissant son déroulement;
- le cahier des charges des produits ou services;
- les termes et conditions de l'établissement d'une relation d'affaires;
- un questionnaire afin de recueillir des informations générales sur le fournisseur;
- un guide de réponses qui précise les supports à utiliser, les formulaires-types, les délais de réponse...
- des annexes, s'il y a lieu.
Tous ces documents sont à envoyer aux fournisseurs, soit par courrier postal, soit par e-mail.
C - 3. Le cas des appels d'offres électroniques
L'appel d'offres peut aussi être lancé via une solution d'e-sourcing. Les éditeurs et prestataires proposent des outils de plus en plus performants. Les fournisseurs présélectionnés sont consultés en ligne et soumettent leurs offres sur un portail dédié. Par ce procédé automatisé, l'acheteur gagne un temps considérable pour analyser ses offres et garde une traçabilité.
D - L'analyse des offres
Une fois les réponses des fournisseurs reçues et validées, l'acheteur procède à l'analyse multicritères des offres reçues pour aboutir à une short-list.
L'analyse des offres se déroule généralement en deux temps.
- Une première étape de présélection s'effectue sur la base de critères ayant un caractère éliminatoire. Il peut s'agir d'une compétence technique particulière, des équipements industriels spécifiques, la localisation géographique, etc. Il est ainsi évident qu'un fournisseur de services de restauration uniquement basé à Lyon sera écarté pour une prestation à Paris. Les fournisseurs ayant franchi la première étape proposent des solutions a priori conformes au cahier des charges.
- La seconde étape consiste à faire une analyse multicritères des offres restantes, afin de faire un choix final Cette analyse doit être formelle et explicite. Elle permettra de communiquer sur le choix final non seulement en interne mais également vis-à-vis des fournisseurs non retenus pour qu'ils soient plus compétitifs à l'avenir.
D - 1. Le critère de la qualité
Le premier critère de sélection est la qualité du produit ou du service acheté, à condition, bien entendu, que le cahier des charges soit toujours bien respecté. Il faut donc maîtriser parfaitement le produit ou service acheté. D'autant que les entreprises apprécient de travailler avec des fournisseurs dont les systèmes de management et les pratiques qualité sont bien définis. La certification sur une norme Iso est souvent recherchée car elle démontre la capacité de l'entreprise à répondre aux besoins de ses clients de manière optimale.
D - 2. Le coût global d'acquisition
Le deuxième critère de sélection est le coût global d'acquisition et les conditions commerciales. L'acheteur doit maîtriser la structure de coûts de ses fournisseurs en demandant des chiffrages détaillés. Le fournisseur doit proposer un prix compétitif par rapport à ses concurrents. Les conditions de règlement demandées doivent être acceptables et les incoterms (modalités de la transaction) proposés avantageux selon la situation géographique. Le coût global d'acquisition doit également être compétitif.
D - 3. Le critère du délai
Le troisième aspect est le délai. Il doit être conforme au besoin et maîtrisé. Dans un contexte où les plannings des entreprises sont de plus en plus tendus, les délais de livraison, de mise à disposition, de mise en service sont des critères-clés pour sélectionner des fournisseurs. Le fournisseur choisi dispose donc d'un système logistique lui permettant de livrer à l'heure et, en cas de besoin, être capable de stocker.
D - 4. Les autres critères
Certains critères comme la faculté d'adaptation, la sécurité financière et la pérennité de l'entreprise sont également à prendre en compte. Une fois les offres analysées sur la base de ces critères, quelques fournisseurs sortent du lot et l'acheteur peut engager les négociations commerciales avec ceux qui répondent le mieux à ces critères
E - La négociation
La préparation de la négociation peut se dérouler en trois phases: recueillir des informations sur le fournisseur, préparer techniquement le dossier et élaborer une stratégie de négociation.
E - 1. La collecte d'informations
Avant de proposer une négociation, il convient de recueillir des informations sur le fournisseur, le produit, le service et le poids de l'achat à réaliser.
Pour un fournisseur homologué, l'acheteur dispose en amont de certains éléments sur ce dernier comme son marché, l'historique des achats précédents, les évaluations et les audits réalisés. Pour un nouveau fournisseur, les points principaux à analyser sont sa situation économique, son positionnement concurrentiel, ses prévisions d'activité et ses moyens de production.
Concernant le produit, il faut analyser les caractéristiques principales, les performances et son positionnement final. Il convient aussi de connaître la part des achats de l'entreprise dans le chiffre d'affaires du fournisseur. Cela permettra d'évaluer le rapport de force et de s'en servir comme un levier.
E - 2. La préparation technique du dossier
La préparation technique du dossier consiste à déterminer les clauses à négocier et les objectifs à atteindre. L'acheteur doit identifier les clauses sur lesquelles il peut faire des concessions au vendeur. Il convient de hiérarchiser les priorités dans les négociations et de se fixer des objectifs à la fois réalistes et ambitieux. Pour chaque point de la négociation, l'acheteur doit préparer des arguments afin de convaincre le fournisseur d'améliorer son offre. Pour être efficaces, les arguments doivent s'appuyer sur des faits, des données et des démonstrations.
E - 3. La définition d'une stratégie de négociation
Plusieurs possibilités s'offrent à l'acheteur Soit il choisit d'aborder la négociation en bloc, en traitant toutes les clauses en même temps. Soit il négocie de façon séquentielle et les clauses à négocier sont abordées les unes après les autres. Cette dernière approche est plus facile à maîtriser car l'acheteur ne passe à la clause suivante qu'après avoir atteint son objectif. Il est conseillé de commencer par les points les plus faciles et de finir par ceux susceptibles d'engendrer des difficultés.
Concernant la négociation elle-même, l'acheteur doit mener les débats et intervenir en premier, afin de prendre en main la conduite de l'entretien qu'il ne lui faudra pas lâcher.
La conclusion lui permet de récapituler les accords négociés afin d'obtenir un assentiment explicite du vendeur. Il procède enfin à la rédaction d'un compte rendu que les deux parties signent.
F - La contractualisation
Cette phase du processus achats est le résultat de la négociation et intervient après le choix final du fournisseur. C'est une étape relativement simple si les autres phases se sont bien déroulées. Mais il faut rester vigilant afin d'éviter les surprises après la signature du contrat. La contractualisation consiste à établir un contrat d'achat ou un bon de commande entre l'entreprise et le fournisseur. C'est un lien juridique entre les deux parties. Ce contrat reprend tous les termes des accords convenus lors de la négociation.
Tout contrat doit contenir un certain nombre d'informations indispensables. Les parties ou contractants doivent être mentionnés en début du document: le nom de l'entreprise qui achète, celui du fournisseur et leurs adresses. L'objet du contrat, c'est-à-dire le bien ou le service acheté, doit y figurer. La qualité requise y est aussi précisée, souvent en annexant un fichier qui reprend le cahier des charges (matières, dimension...). Le prix, la quantité, les dates de livraison, les pénalités de retard, les incoterms (modalités de la transaction) et la garantie font l'objet d'une clause spécifique. Une juridiction doit être choisie pour régler d'éventuels litiges. S'il y a lieu, il convient de préciser s'il y a une procédure de suivi post-commande. Dans le cas d'un contrat long, la durée doit être précisée tout comme les conditions de rupture ou de reconduction de contrat.
La signature du contrat ne peut intervenir qu'après acception du contenu par les deux parties. Cette signature traduit leur engagement à respecter toutes les clauses du contrat.

© ARNAUD OLSZAK
Olivier Wajnsztok, directeur associé d'AgileBuyer
Lors de l'élaboration du cahier des charges, les clients internes ont souvent l'habitude de demander une qualité de service ou de produit supérieure au réel besoin de l'entreprise. C'est à la fois une manière de se rassurer, mais aussi de sécuriser ses futurs approvisionnements. « Or la sur-qualité est avant tout une source de coûts. Elle est en ce sens l'ennemie de l'acheteur, d'autant qu'elle est difficile à définir, à isoler et à chiffrer», prévient Olivier Wajnsztok, directeur associé d'AgileBuyer. Pour éviter un tel phénomène, l'acheteur doit donc convaincre son client interne qu'acheter un produit ou un service moins cher n'est pas nécessairement synonyme de mauvaise qualité. Autre argument : le respect des budgets. « Il faut expliquer au client interne que les économies réalisées en évitant la sur-qualité peuvent lui servir pour répondre plus efficacement à d'autres besoins, tout en respectant au final ses budgets», explique Olivier Wajnsztok. La sur-qualité s'élimine à la source, lors de la définition du besoin. «Pour ce faire, il est nécessaire de rédiger un cahier des charges fonctionnel, et non technique, où le besoin est défini en termes d'objectifs et de résultats à atteindre. » Ce qui permet aux fournisseurs d'être force de propositions pour répondre de la façon la plus optimale aux demandes de l'entreprise.
Outre l'amélioration de la performance économique des achats, l'innovation et le développement durable, une direction achats doit se concentrer sur l'anticipation et la gestion des risques. L'ensemble des décisions seront hiérarchisées en fonction des priorités stratégiques. Elles ont pour but de définir les procédures à respecter vis-à-vis des clients internes. Elles permettent également la mise en oeuvre de plans d'actions et la définition d'objectifs opérationnels pour les acheteurs et les fournisseurs.
A - Coûts, qualité et délais
A - 1. Les stratégies liées aux coûts
Si l'objectif principal est souvent de réduire les coûts, es directions achats peuvent également chercher à mieux répartir leurs dépenses. Plusieurs approches sont possibles.
Lorsque l'entreprise a plusieurs filiales ou plusieurs sites, la globalisation des achats est un moyen de commander des volumes particulièrement importants. Elle constitue un levier de négociation auprès des fournisseurs.
La direction achats doit donc émettre des décisions permettant la coordination et le suivi de cette globalisation La direction achats peut décider d'aller au-delà d'une simple relation avec ses fournisseurs les plus importants. Une politique de partenariat ou de codéveloppement peut donc être mise en place. Si elle suit cette démarche, l'acheteur doit avoir le souci de mieux maîtriser la structure de coûts et d'approfondir la connaissance de l'entreprise sur la stratégie, l'organisation et les processus desdits fournisseurs.
L'externalisation est un levier utilisé par les entreprises afin d'accroître leur avantage concurrentiel. Après une analyse de la chaîne de valeur de l'entreprise, la direction des achats doit décider s'il faut recourir à des prestataires pour certaines activités à faible valeur ajoutée. S'il est nécessaire d'externaliser, les solutions dédiées doivent être définies et particulièrement leur périmètre. Dans un contexte de mondialisation où les entreprises doivent être compétitives, les directions achats n'ont souvent pas d'autre choix que de se tourner vers les pays à bas coût (low cost countries - LCC). Elles définissent donc des stratégies et des politiques pouvant renforcer leurs expertises et leur visibilité locale dans ces pays. Il arrive même que certaines directions disposent des indicateurs liés aux achats réalisés dans les pays à bas coûts, car elles fixent comme objectif à leurs acheteurs un pourcentage minimum d'achat réalisé dans ces pays
A - 2. Les stratégies liées à la qualité
Les décisions stratégiques liées à la qualité décrivent le dispositif d'assurance qualité fournisseurs à développer. Elles ont pour but d'éviter la non-qualité. Ainsi des orientations portant sur le suivi des fournisseurs doivent être données. Des audits et des plans d'actions en cas de dérives doivent être envisagés.
A - 3. Les stratégies liées aux délais
Le respect des délais annoncés mais aussi la capacité à s'adapter aux impondérables sont les principaux objectifs des directions achats. Celles-ci doivent donc avoir le souci de la maîtrise du flux logistique des fournisseurs, de leur capacité à stocker et à gérer d'éventuelles livraisons de dernière minute.
B - Les stratégies liées au panel fournisseurs
B - 1 . L'identification des «bons» fournisseurs
L'un des objectifs des directions achats est d'adopter une démarche proactive par rapport à la gestion du panel fournisseurs. Cette démarche inclut la rationalisation du panel. Gérer son panel, c'est décider qui sont les meilleurs fournisseurs sur tel ou tel segment d'achat. Or, répondre à la question «qu'est-ce qu'un bon fournisseur?» est très difficile.
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Christian REY - 14/05/2012
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Bravo pour cette excellente initiative, à l'heure des restrictions budgétaires pour les collectivités. Un partenariat ouvrant un marché jusqu'à ...
e-Motility - 08/05/2012
Pourquoi les femmes prennent le pouvoir aux achats ?
je constate qu'entre temps, les hommes sont de plus en plus captés par des postes dont la position stratégique est déterminante.
cfpfnac - 06/05/2012
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Commentaires des lecteurs (2)
Anne-Sophie Bousset - 14/12/2011
Une évolution avantageuse
Je suis heureuse de voir les objectifs des départements achats évoluer dans une direction plus avantageuse pour les entreprises : les achats durables.
Je pense que, même si cette crise est pénible est douloureuse, elle nous force à apprendre à mieux gérer nos entreprises et nos ressources. Les entreprises françaises sortiront de cette crise plus efficaces et mieux gérées !
Anne-Sophie
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laroche - 11/12/2011
Valoriser la 'profession' c'est bien mais...
Il est interessant de voir comment la baguette magique tourne en faveur de la profession acheteur,alors que depuis belle lurette nous avons nous avons dans nos espaces commerciales les vendeurs. Rendre aussi a cette profession sa dignite ne serait que justice.
En effet, lorsqu'on considere la force de persuasion ou de caractere que doit posseder un vendeur, pour vendre meme une aiguille, il faut croire que cette personne aide l'entreprise qui l'emploie et par dessus tout aime ce qu'elle fait. Les gens qui pratiquent cette profession dans des situations souvents difficiles sont appeles: demarcheurs ou agents de marketing ou delegues.
Ainsi au meme titre que les acheteurs leur sort doit etre soumis a l'association qui les regroupe afin de revendiquer ce qui leur est du.
Mes commentaires ne sont pas mal tournes contre les acheteurs mais en tout il doit exister une juste milieu. Symbbole d'harmonie entre acheteur-vendeur.
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