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Par Marie-Amélie FENOLL, 28/09/2011
Les entreprises ont pris conscience de l'importance du tri et de la collecte des déchets. Mais elles ont encore une méconnaissance de certains déchets dits dangereux ou nocifs pour la santé. C'est ce que révèle l'enquête "Déchets : quelles (éco)pratiques au bureau ?" de Riposte Verte.
«Comme en 2010, année où nous avons mené la même enquête, les entreprises ont pris conscience de l’importance de la collecte et du tri des déchets mais elles sont encore peu informées dans d’autres domaines comme celui des produits d’entretien pour le nettoyage», explique Cyril Hergott, directeur du développement de l’association Riposte verte, association au service de l'environnement. Telles sont les conclusions mises en avant par Riposte Verte, avec l'Observatoire de l'éco-responsabilité du tertiaire, dans son enquête * "Déchets : quelles (éco)pratiques au bureau ?".
Une bonne nouvelle : trois acteurs du tertiaire interrogés sur quatre bénéficient d’une collecte sélective de leurs déchets. Et neuf sur dix trient le papier (88 %), une moitié le plastique (55 %), le verre (48 %) et l'aluminium (52 %). Cependant, si la collecte sélective existe, le tri n’est pas encore une démarche acquise au sein de l’entreprise. Seules 59 % des personnes interrogées sont certaines que le tri est suivi d'une collecte sélective. À l'inverse, au moins 17 % des poubelles triées sont mélangées pour la collecte dans un bac unique. Les efforts de tri étant, dans ce cas, inutiles.
Dans la gestion de ses déchets, faut-il privilégier une collecte mono ou multidéchet ? Pour l'association Riposte verte, la solution de facilité tend à avoir recours à un prestataire multidéchet car il y a moins d'intervenants. Cependant, elle suggère de faire attention à la traçabilité de la collecte qui peut faire défaut.
Donner une seconde vie à ses déchets
"Les dirigeants d’entreprise ne pensent pas suffisamment à donner une seconde vie à leur matériel (ordinateur, mobilier….). Nous leur conseillons par exemple, en cas de changement du parc informatique, d’effacer les données confidentielles des anciens ordinateurs pour ensuite les donner à leurs salariés", souligne Cyril Hergott. Ainsi, le don, la recharge ou le reconditionnement, tout comme le réemploi des déchets ne semble pas encore entré dans les mœurs. S'il est avéré qu'un déchet informatique sur deux est recyclé (60 %), plus d’un tiers des collaborateurs (32 %) ne savent pas ce que devient leur ordinateur usagé. Le recyclage se fait en majorité vers une entreprise spécialisée ou le fournisseur (48 %) et vers le personnel ou une association solidaire (30 %).
Des déchets dits dangereux négligés
Autres fournitures, autres mœurs. D’après l’étude, seulement 9 % des dirigeants interrogés rechargent leurs cartouches d'encre/toners, 71 % recyclent ces déchets dangereux et 20 % les jettent ou les « perdent de vue ». Or, la collecte des cartouches usagées est devenue un véritable enjeu économique pour les fabricants. Pour ces cartouches usagées, 41 % du recyclage s'effectue auprès du fournisseur, 21 % d'une association solidaire et 6 % de Conibi, entreprise spécialisée dans le recyclage des consommables usagés des entreprises.
Concernant l'éclairage, si 50 % des ampoules sont recyclées avec certitude et au moins 12 % sont jetées hors filière agréée. Un manque de communication interne fait que 38 % des collaborateurs ne savent pas ce qu'elles deviennent en fin de vie. Autre déchet, les piles. Seulement 2 % sont rechargées, 66 % recyclées, 8 % jetées hors filière et une sur quatre traitée sans qu'une information ne soit donnée.
Des efforts à fournir sur le nettoyage et les produits d’entretien
Seul un salarié sur trois (31 %) peut affirmer qu'un planning détaillé est fourni aux employés de ménage. Au moins un tiers des acteurs interrogés ne détaillent pas leurs exigences au responsable de l'entretien des locaux. Et chez les collaborateurs, un salarié sur trois ne sait rien de la politique en la matière.
La même tendance se retrouve dans les critères de choix des produits de nettoyage. Un tiers (35 %) des personnes interrogées ne s'intéressent pas aux produits d'entretien qu'ils respirent toute la journée. Or, l'enquête révèle que moins de la moitié de ces produits utilisées sont biodégradables (8 %), (éco)labellisés (27 %) ou concentrés/rechargeables (4 %) et qu'un quart (26 %) ne présente aucun avantage environnemental. Un produit emblématique d'une consommation néfaste pour l'environnement, la lingette nettoyante, est utilisée dans 14 % des structures du tertiaire interrogées. Cependant, elle est, de plus en plus souvent, remplacée par une éponge ou un chiffon.
Si les chiffres de la collecte et du tri des déchets sont en progression, des efforts restent à fournir de la part des entreprises et des dirigeants. Une cause qui ne semble pas perdue puisque toujours selon l’enquête, 89 % des personnes interrogées affirment que le système de tri peut être amélioré dans leurs structures et 96 % se disent prêts à faire des efforts pour y participer. Confirmation de Cyril Hergotte : "Environ 20 % des dirigeants qui nous sollicitent le font par sensibilité personnelle".
*Enquête menée en juin 2011 auprès de 768 personnes. Le panel est composé de 51 % d’entreprises privées ayant à 33 % plus de 250 salariés.
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