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Coup de froid dans les relations entre acheteurs et consultants
24/11/2009
Une récente étude de Syntec Conseil en management, syndicat des consultants spécialisés dans ce domaine, souligne les désaccords entre les deux professions, amplifiés par la crise économique.
Les relations entre acheteurs et consultants sont loin d’être au beau fixe. C’est du moins ce que constate la seconde édition du Baromètre des achats de conseil, réalisée par le syndicat Syntec Conseil en management en partenariat avec la Cdaf (Compagnie des dirigeants et acheteurs de France). En effet, si deux acheteurs sur trois considèrent que cette relation s’est améliorée, seul un tiers des consultants partagent la même opinion.
Le professionnalisme des acheteurs épargné des critiques
Selon l’étude, la situation a sensiblement évolué en un an. Alors qu’une large majorité d’acheteurs a une bonne image des consultants (67% en 2009, soit 6 points de plus qu’en 2008), l’inverse n’est plus vrai. En effet, seuls 37% des consultants ont une perception positive des acheteurs alors qu’ils étaient 61% en 2008. Pour autant, ces derniers ne remettent pas en cause le professionnalisme des acheteurs. Ils considèrent même, pour 44 % d’entre eux, que celui-ci progresse. C’est, a contrario, l’évolution de certaines pratiques, amplifiée à l’évidence par la crise, qui explique ce retournement d’opinion.
Réduction des coûts trop sévère
Premier sujet de désaccord : la question du prix. «La crise a imposé aux acheteurs des consignes plus sévères en matière de réduction des coûts qui ont malheureusement induit une dégradation de nos relations avec eux», explique Jean-Luc Placet, président de Syntec Conseil en management. En effet, plus de deux consultants sur trois considèrent que le prix pèse pour plus de 50% dans la décision d’achat d’une prestation de conseil. Et un consultant sur quatre lui attribue un poids supérieur à 75%.
Remise en cause du référencement
Autre source de tensions : la question du référencement qui continue à opposer consultants et acheteurs. En effet, si les premiers remettent en question le bien-fondé d’une telle pratique (60%), les seconds soulignent son intérêt (79%). Ceci étant, l’unanimité des acheteurs en faveur du référencement semble s’effriter, passant de 93% à 79% entre 2008 et 2009. Trois raisons principales expliquent cette remise en question partielle des référencements : la lourdeur administrative des procédures, la nécessité d’oxygéner le panel de fournisseurs et la crainte d’être soupçonné de favoritisme.
Le développement durable aux abonnés absents
Seul point qui rallie les parties prenantes : le développement durable. 74% des acheteurs et 88% des consultants s’accordent à souligner la faible place accordée aux critères écologiques et sociaux dans les procédures d’appel d’offres ou de sélection. Plus encore, le suivi et l’évaluation des missions s’avèrent être des sujets très consensuels entre acheteurs et consultants. En majorité, ces derniers déclarent mettre en place un suivi qualitatif des missions ou, le cas échéant, des indicateurs de satisfaction. «Au final, si la crise a tendu les rapports entre acheteurs et consultants, elle a également permis à nos deux professions de mieux se connaître, rappelle Jean-Luc Placet. D’ici à la fin 2010, lorsque la récession sera derrière nous, nous pensons que nos relations devraient revenir à la normale.»
Charles COHEN
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