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Les bâtiments modulaires séduisent de plus en plus les collectivités

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Coûts inférieurs, délais de livraison restreints, qualité des bâtiments... Le modulaire s'est banalisé au sein des collectivités. Ces dernières optent désormais pour des solutions haut de gamme qui n'ont rien à envier aux constructions traditionnelles.

@ COUGNAUD

« Le marché des collectivités est en pleine expansion, se réjouit Christophe Cougnaud, directeur général d'Yves Cougnaud, fabricant français de solutions modulaires. Il progresse d'année en année.» L'entreprise réalise ainsi 20% de son chiffre d'affaires sur le marché des collectivités. Ces dernières années, Yves Cougnaud a d'ailleurs renouvelé ses gammes et proposé de nouveaux concepts de constructions modulaires, tels qu'un centre périscolaire adapté à la petite enfance ou encore un bâtiment multiloisir pour les municipalités.

Autrefois décriée, l'utilisation des bâtiments modulaires au sein des collectivités est donc devenue une évidence. «Les maires ont dû batailler pour faire accepter au sein de leur commune des bâtiments modulaires, témoigne cependant Bertrand Quénot, directeur général France d'Algeco et président de l'Association des constructions industrialisées et modulaires (Acim). Par exemple, ils ont dû affronter les parents d'élèves réticents à laisser leurs enfants étudier dans des constructions non traditionnelles.» Aujourd'hui, la réputation du modulaire n'est plus à faire auprès des élus, mais les constructeurs continuent de les accompagner pour démontrer que ce type de bâtiment possède le même niveau d'exigence réglementaire en matière de sécurité, de confort et d'esthétisme que les constructions traditionnelles.

Confort et esthétisme, les nouvelles priorités

Il faut dire que le niveau d'exigence des entités publiques est très élevé. «En dehors du scolaire qui doit répondre à des dispositifs de sécurité particulièrement développés, les collectivités sont surtout pointilleuses en termes d'esthétisme et de confort», indique Bertrand Quénot. Ainsi, les constructions doivent désormais s'intégrer parfaitement dans le paysage. Pour cela, les fabricants proposent des gammes spécifiques, à l'instar du modèle Progress d'Algeco qui intègre des matériaux tels que le verre ou l'acier, avec une attention particulière portée aux espaces intérieurs. La luminosité est ainsi pris en compte, puisque le constructeur propose des fenêtres, de type baies vitrées, assez innovantes pour ce genre de bâtiment. Tout est donc envisageable et les solutions architecturées, le haut de gamme du modulaire, ont le vent en poupe. La plupart des constructeurs favorisent la mixité en intégrant des matériaux comme le bois ou la brique pour les finitions.

Autre exigence de la part des villes: le respect de l'environnement. A l'image des constructions traditionnelles, le modulaire propose désormais des solutions qui visent à limiter les consommations d'énergie en s'inscrivant dans la démarche HQE (haute qualité environnementale). «Les collectivités ont une demande de plus en plus ciblée vers le développement durable. La qualité de l'air, la gestion des énergies ainsi que l'isolation acoustique et thermique sont désormais systématiquement recherchées», précise Christophe Cougnaud. Depuis quelques années, le constructeur propose, par exemple, des systèmes de récupération d'eau pluviale ainsi que des toitures végétalisées pour une parfaite intégration au sein d'un site arboré.

Un bâtiment livré entre 12 et 16 semaines

Salles de cours, halte-garderies, bureaux pour les administrations... Les usages sont multiples, mais doivent répondre à une seule exigence: la rapidité du délai de livraison. «A partir du moment où un projet voit le jour, il y a une véritable volonté politique d'aller vite», indique Alex Useldinger, responsable marketing chez OBM, constructeur de bâtiments modulaires et préfabriqués. «La rapidité de livraison est effectivement un point- clé du cahier des charges pour les collectivités, renchérit Bertrand Quénot.

Premièrement parce qu'elles disposent généralement d'un temps limité pour que les constructions voient le jour, deuxièmement parce que, in fine, le décideur est un politique, avec une durée de mandat relativement courte. Ce manque de visibilité pousse les élus à faire le choix du modulaire où les délais de fabrication et de livraison sont divisés par trois.»

Deux à trois fois plus rapide que pour un bâtiment en dur, le délai de livraison répond donc à la demande des collectivités qui, souvent, n'ont que le temps des vacances scolaires pour construire de nouvelles infrastructures. Si la moyenne des constructions dans la sphère publique ne dépasse pas les 300 à 400 m2, les constructeurs doivent arriver à tenir des délais extrêmement restreints pour des constructions plus importantes. Pour réaliser les 5 400 m2 du lycée Romain Rolland d'Argenteuil en région parisienne, l'entreprise Cougnaud n'a mis que 16 semaines. «Le délai moyen pour une construction en modulaire s'étale de 12 à 16 semaines. Et il faut respecter le temps imparti, quelle que soit la taille de la construction», rappelle Christophe Cougnaud.

Des constructions 30% moins chères

Si le critère du délai demeure déterminant pour ce type de prestation, celui du coût n'est pas non plus négligeable pour les collectivités. Et dans ce domaine, le modulaire a ses cartes à jouer. En effet, un mètre carré de modulaire peut coûter jusqu'à 30% moins cher qu'un mètre carré d'un bâtiment traditionnel. Cependant, pour Bertrand Quénot, «le prix n'est pas déterminant dans le choix de la construction puisque de plus en plus les collectivités s'orientent vers des solutions architecturées dont les prix flirtent avec ceux des bâtiments traditionnels».

La location demeure le mode de gestion privilégié par les collectivités. «Cette solution répond mieux aux besoins des élus car elle est réversible et flexible», précise Bertrand Quénot. L'entreprise Cougnaud propose actuellement plus de 2000 classes de cours en location. Pour son directeur, «la location est envisagée pour des constructions devant servir un ou deux ans maximum. Au-delà, les collectivités s'orientent vers l'achat». En interne, les constructeurs disposent de bureaux d'étude représentant tous les corps de métier du bâtiment. «Nous travaillons avec des architectes pour pouvoir proposer une prestation complète. Nous travaillons en amont avec eux pour apporter la meilleure des solutions», indique Alex Useldinger. Avec un avantage pour le directeur technique ou le maire chargé du dossier: celui d'avoir un interlocuteur unique du début à la fin du chantier.

Témoignage
«Nous avons évité les écueils de la construction traditionnelle»

JEAN-CLAUDE DUEZ, président du Sivos de Brannay, Lixy, Villethierry et Saint-Sérotin (Yonne)


Jean-Claude Duez est président d'un syndicat intercommunal situé dans le nord du département de l'Yonne, un endroit où la proximité géographique de la région parisienne a engendré un accroissement rapide de la population. Logiquement, le nombre d'élèves à scolariser a lui-même augmenté, d'où la nécessité de construire une nouvelle école à Villethierry. «L'ancien bâtiment, en préfabriqué, était devenu trop exigu, explique Jean-Claude Duez. L'agrandir aurait engendré trop de dépenses. Pris par le temps, puisqu'il fallait que la nouvelle école soit opérationnelle à la rentrée scolaire, nous avons opté pour un bâtiment modulaire.» Une décision également motivée par la pénurie de main-d'oeuvre dont souffre l'Yonne, d'une part, et par le coût raisonnable du modulaire, d'autre part, «environ 20% moins élevé que celui d'une construction traditionnelle». Au total, les quatre communes ont dépensé 1,3 million d'euros pour un bâtiment de 1 200 m2 pouvant accueillir près de 165 élèves. Et le chantier, comme prévu, a duré six mois.
«Avec le modulaire, nous avons évité les écueils de la construction traditionnelle, reprend Jean-Claude Duez. Les différentes phases de la construction ont été respectées. La livraison n'a subi aucun retard et nous sommes restés dans l'enveloppe initialement prévue.» Le cahier des charges prévoyait aussi une solution pouvant évoluer. «D'ici deux à trois ans, grâce au modulaire, l'école pourra accueillir des élèves supplémentaires», conclut Jean-Claude Duez.

Sivos de Brannay, Lixy, Villethierry et Saint-Sérotin

- STATUT: Syndicat intercommunal à vocation scolaire
- MEMBRES: Brannay, Lixy, Villethierry et Saint-Sérotin
- SUPERFICIE DU BATIMENT MODULAIRE: 1200 m2
- NOMBRE D'ELEVES: 165

Témoignage
«Rien ne distingue notre bâtiment modulaire d'une construction traditionnelle»

ANDRE PEARRON, adjoint au maire de Dompierre-sur-Yon, en charge des bâtiments


«Suite à un accroissement brutal de la population et notamment du nombre d'élèves, nous avons été obligés de revoir l'accueil périscolaire de notre commune de Dompierre-sur-Yon (Vendée), explique»! André Pearron, adjoint au maire en charge des . bâtiments. Pressés par le temps, nous avons opté pour une construction modulaire. Mais nous souhaitions que cette solution puisse facilement s'intégrer dans l'environnement.» L'entreprise Cougnaud, considérée comme le prestataire le mieux-disant sur ce projet, a remporté l'appel d'offres lancé par la commune. Débutés fin mai, les travaux se sont achevés vers la mi-septembre, juste après la rentrée scolaire. Le bâtiment de 335 m2 accueille désormais une centaine d'élèves au sein de quatre salles de classe. A cela s'ajoutent une cuisine, des sanitaires, un débarras et un grand hall d'entrée. «Pour cette construction, nous avons joué la carte de l'esthétisme, reprend André Pearron. Nous souhaitions également que le bâtiment soit respectueux de l'environnement et du bien-être des usagers.» Toute la structure a donc été entièrement bardée de bois. «A cause d'une exposition solaire permanente, nous devions impérativement limiter la chaleur au niveau du toit. Nous avons donc opté pour une formule de toiture végétalisée avec une isolation doublement renforcée. Si bien que, de l'extérieur, rien ne distingue notre bâtiment modulaire d'une construction traditionnelle.»

Dompierre-sur-Yon

- DEPARTEMENT: Vendée
- NOMBRE D'HABITANTS: 3500
- SUPERFICIE DU BATIMENT MODULAIRE: 335 m2
- NOMBRE D'ELEVES: 100

Mot clés :

Mélanie Kessous